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lundi 2 mai 2016

Celle qui était pleine de bonne volonté

Quand de bon matin tu vas chercher ton poulet fermier et tes fromages bio à la boutique terroir du village, à pieds!! parce que depuis quelques jours t'as l’œil de Moscou accroché à ton poignet et que tu veux satisfaire l'engin, que tu veux lui montrer que: fingers in the nose les 10000 pas quotidiens. 


Quand sortant de la boutique avec ton poulet de 2kg 3, tes fromages de chèvres-alsaciennes, ta salade et tes radis rave made in Illkirchgraffenstaden, tu te dis qu'un petit pain complet pour accompagner ces petites merveilles ce serait chouette mais que : "Crotte la boulangerie est fermée; ok;  Qu'à cela ne tienne, allons à l'autre qui est beauuuuuucoup plus loin.T'es une marcheuse ou pas !?!"

Quand ton panier de la Réugnongnon (Si si attends, photo à venir, il est collector mon panier ReunionNion*), tout plein de poulet-fromages-salade-radis-pain, sous le bras, sur le chemin du retour, tu te dis que ce ne serait pas couillon de couper par le stade qui est juste derrière la maison parce que, bin hein, tu te siroterais bien ton petit café maintenant.

Quand tu longes, donc, la piste d'athlé et deux terrains de foot, pleine d'entrain - pour un peu tu piquerais bien un sprint- et que tu arrives enfin de l'autre coté, devant...Un portillon cadenassé! Tu pestes, un peu, mais pas trop.T'as pas le choix, et pis tu te dis que c'est bon pour l’œil de Moscou accroché à ton poignet-va être content le bougre- rebroussons chemin docilement.
Et quand 2 terrains de foot, un stade olympique (ok municipal) et 2 kilomètres plus loin, tu arrives enfin à la porte de chez toi et que...Yepaaaa tu sens ton poignet qui vibre de plaisir, signe annonciateur d'exploit sportif fitbitien, tu regardes l’œil humide de reconnaissance ce bijou de technologie accroché à ton poignet qui te donne l'heure, ton rythme cardiaque, la qualité de ton sommeil, le nombre de calories dépensées, le nombre d'étages grimpés, le nombre de pas foulés... et surtout des badges félicitatoires tu découvres.... le badge ESPADRILLE!

T'as juste envie de lui dire: "V*T*F***V***C***** "
(fuck quoi!)


* gnongnon

vendredi 16 octobre 2015

le champ du feu

Vous vous êtes déjà promenés dans un arrière plan de bureau Windows? En vrai? Au beau milieu de couleurs presque trop saturées? Des rouges fluorescents, des verts incandescents, des oranges effervescents, des noirs tout puissants... 
Vous avez déjà eu le sentiment de ne plus savoir si vous étiez réellement en France ou... dans une forêt du Quebec?
Non ?
Et bien vous n'êtes jamais venu en Alsace.
Ça commence par une mer dorée, des vagues et des vagues de vignes jaunes saupoudrées d'or, c'est tellement beau qu'on en oublie de s'arrêter à Mittelbergheim pour acheter un carton de riesling chez madame Brandner ( qui n'est pas d'ici, elle, elle est de Colmar, faut pas tout mélanger! (Mittelbergheim - Colmar 45 kms quand même) Et puis c'est comme le biiiio, c'est pas du biiiio qu'elle fait elle; son vin c'est du sans traitement chimique, c'est pas pareil!) 
Et puis on monte et on monte. Routes étroites bordées de forêts, sinueuses, ponctuées de couleurs surnaturelles, 500, 700...1099 m... "le Champ du feu" point culminant du Bas Rhin, petite station de ski bien connue des Strasbourgeois.
 A cette saison rien de plus que quelques pylônes métalliques posés dans un pré pentu, mais tout autour... le spectacle des Vosges alsaciennes en automne et tout à coup on comprend: Champ de feu, chant du feu de l'automne.



mercredi 4 février 2015

Le chien, la Loire et Les canards

J'ai un chien.

Un bon gros toutou à sa mémère. Un pas de race. Enfin, si! c'est un Bourbon! Un pur croisé chien errant réunionnais. Moitié berger allemand, moitié labrador, moitié cabot.
Il ne ferait pas de mal à une mouche. Les mouches, les vraies avec leurs ailes et leur fzzz sont bien trop rapides. Les autres mouches, les grosses mouches à 2 pattes, faut voir. 
On a un rituel tous les 2 en ce moment, on se fait notre petite balade sur les bords de Loire. On choisit un circuit pas trop fréquenté histoire de laisser tomber la laisse et on s'extasie sur la nature. Moi le nez sur les futures noix, mûres ou prunelles et lui la truffe collée sur l'herbe, herbe apparemment banale, mais qui, à en juger par l’intérêt qu'elle suscite, doit au moins être fourrée à la croquette.





T'as remarqué lecteur, le toutou à sa mémère a un collier de force, ne t'en offusques pas, Monsieur a une forte tendance à vouloir me promener en laisse plus que je ne le promène. Il joue les GPS et il faut le suivre. Donc on rétablit l'équilibre et ça n'a pas l'air d'être d'une efficacité énorme, il m'arrache toujours l'épaule à chaque fois qu'il a décidé que c'était ce buisson, là, à 10 m, le bon. 
Mais qu'est ce qu'il est beau mon GPS! un rien l'habille mon Jazz!





La Loire à cette époque là est très jolie. La décrue continue son oeuvre et dévoile des îlets éphémères, des bandes de sable, des plages... on ferait presque trempette. Moi j'hésite, je ne suis pas sure que ce soit hyper propre mais lui, ni une ni deux, et que je te lape cette eau fraîche, et que je te patauge dans la vase... On s'en donne à cœur joie. Il court, je l'appelle, il revient " bon chien"
Portée par cet élan de complicité, je lui lance une branche " va chercher".

D'habitude, il s'en cogne la truffe de mes lancés de bâtons, mais là stupeur, éclaboussures, il saute avec entrain, vers le bout de bois flotté...

Mais! euh attend! le bois flotté il fait un drôle de bruit là, un coin coin coin pas commode, et merdddeuuu un canard! 

Et là tout à coup je passe de la balade en amoureux à la course poursuite Benny hill.
Le canard entraîne, dans l'eau, derrière lui, le chien, et derrière le chien, moi, qui court sur les berges.

   Moi : "viens iciiiiii"
 Le canard: " coin coin coin"
 Le chien: "plouf plouf plouf " 

Super l'ambiance champêtre.
D'autant que là, tout ce que j'arrive à produire comme son autoritairement stoppant ce sont des vocalises suraiguës. Je ne sais pas siffler, enfin si, mais sous ma douche et mes sifflements sont plus proches du ptit cri de moineau tombé du nid que du  ssffsiiiiiu du maître chien, et là franchement c'est pas le moment de faire des tests.
Les canards, oui ils sont 2 maintenant,les bougres, tout ce qu'ils veulent c'est éloigner le monstre de leur nid. 
La technique est simple, je fais un boucan du diable pour détourner l'attention, j'imite Orville l'albatros de Bernard et Bianca (je fais comme si je ne savais pas voler quoi), je rase l'eau à coups d'ailes et j’entraîne le quadrupède le plus loin possible. Sur 100 m, 200m, 300m et je reviens et je recommence, il va se fatiguer l'abruti à poils.
Bon là on est 3 à penser que ce chien n'est plus mon pépère à moi mais une salet...de.. couil.. d'abruti.

Ça a duré 1 heure et demie le bal. Les joggeurs s’arrêtaient pour voir ce chien ridiculisé par les canards au milieu de la Loire. A intervalles réguliers planquée sous les arbres je poussais méchamment un " Jaazzz, iciii" 

 Parenthèse: Heureusement qu'on ne l'a pas appelé tupuducu notre septième  merveille du monde à quatre pattes. C'est un peu son surnom tupuducu, et pour cause, il nous lâche des trucs pas possibles qui font que nous, les bipèdes installés en rang d'oignons dans le canap, on se croirait sur un circuit voiture, Allez tous ensemble: virage à gauche, pouahhh! 
 Mais Là maintenant tou suite je me vois mal hurler des "tupuducuuuu iciiii " en plus. Bref!

 Lui de temps en temps, il me regardait et repartait de plus belle. J'ai du faire 300 fois le chemin entre le point A et le point B où je pouvais le voir. 
Heureusement, à un moment les canards ont lâché l'affaire. J'ai sorti l'artillerie: tapage de cuisse,  viens ici, alllllez, viens, viens...

La queue entre les pattes, trempé comme une souche, tête basse, langue pendante, il est enfin venu. Même pas eu le courage de s'ébrouer. Remarque valait p'tet mieux parce que vu mon humeur, vas y, qu'une seule goutte d'eau sale me touche et tu vas voir!
On est reparti en se faisant la gueule, sans dire un mot, la laisse courte, au pied!, mes bensimon ravagées par le jus puant qui gouttait de son poil.

Cette fois c'est décidé, Un: Inscription d'office à l'école du chien ( et du maître! Oui ça va je sais! pourquoi tu crois qu'il n'a pas pris une roustinette mon cavaleur, je le sais que je suis fautive, n'en rajoute pas!) et Deux: j'apprends à siffler. 
Et tiens je suis bonne fille, je te donne le mode d'emploi:

  •  Fais avec ta langue comme si tu disais lalalala, langue recourbée vers le palais près des dents du haut, 
  • rentres tes lèvres vers l'intérieur, 
  • tu prends tes deux petits doigts et tu refermes les autres,
  • tu les fais se toucher juste par le bout en les rapprochant en V et tu les mets à la bouche,
  • le bout touchant ta langue recourbée vers le haut tu refermes la bouche
  • et là, tu souffles pas trop fort  
  • et tu joues sur l'inclinaison de tes doigts pour arriver à faire un son correct.
  • Le souffle ne doit s'échapper que par l'espace entre tes deux doigts, le reste de la bouche doit être étanche.
  • Idéalement, tu dois avoir tes deux mains de part et d'autre de ta figure, tu dois pouvoir toucher tes lobes d'oreilles avec tes pouces


Cet article publié une première fois en juillet 2013 a été recopié collé aujourd'hui dans le cadre du rendez-vous mensuel « En France aussi » initié par  Voyage FémininLa Terre sur son 31 et Le coin des voyageurs.
Le thème de ce mois de février est "nos amies les bêtes", en remettant le nez pour la première fois depuis 3 mois sur mon blog, je suis tombée sur ce billet, il était parfait pour ce rendez vous que j'adore, alors hop ni une ni deux, reblogué mais pour me faire pardonner je vous en prépare un autre pour ce soir.
Nan mais! absente depuis trop longtemps, je peux bien me décarcasser un peu quand même ;)
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mardi 30 septembre 2014

moi je suis soupe au lait, et vous?


Elles ont dit: "Racontez nous les spécialités culinaires de nos régions".
"les" spécialités!

 Tsstss les filles, là c'est pas du jeu,vous ne pouvez pas me faire ça. 
A la limite, vous m'auriez dit "une" spécialité, je crois que j'aurais pu me contenir, mais LES spécialités... vous ne vous rendez pas compte. Dans ma tête de bec sucré ( et salé, je ne suis pas sectaire) une spécialité en appelle une autre.

 Je passe du calisson d'Aix au massepain de Saint-Léonard-de-Noblat, du Pommé de chez Mahérault au Cardinal de chez Thoueille, du rougail saucisse à la blanquette de maman, des moules Papagayo à la galette saucisse... au chemin de fer, au macatia, au foie gras, au comté, aux financiers, aux bananes flambées, aux berlingots, aux bouchons porc combava, au ti bielle, aux ouassous, au boeuf bourguignon, au gâteau patate, à la pipérade, aux gougères de jean Claude, à la galette pomme andouille du petit Nice...ahhhh je suis en hyper salivation.
peux plus parler geu baaave.

voilà c'est ça mon problème, chaque plat m'en rappelle un autre.
 Et pire! je me rends compte que ce n'est pas tant le goût de chacun qui me revient en mémoire, même si ils représentent tous des expériences de plaisir gustatif, ce qui est important pour moi c'est l'histoire qu'ils racontent, le lieu, les amis, la famille, l'occasion...des instantanés de vie.

Chaque plat va avec un "tu te souviens?"
 "tu te souviens de ce resto à Marie Galante où on avait mangé des ouassous et cette purée de patates douces à tomber sur le cul?"
 "tu te souviens des gâteaux que Grand Père et Grand Mère prenaient chez Thoueille pour les anniversaires? le cardinal".
 "tu te souviens des galettes saucisses du marché le jeudi midi et des gâteaux secs que papa achetait à ce marchand sous les halles, des dizaines de grandes boites en fer garnies de petits gâteaux?....
Nostalgie. 
peux plus écrire j'ai 5 ans.

Mais bon j'ai promis de jouer le jeu des spécialités culinaires de nos régions, il va falloir que je choisisse dans quelle région je veux vous emmener.

Je commence par le commencement? Là où je suis née?
Je suis mayennaise. Castrogontérienne même ( et ouais! un carambar à celui qui trouve où je suis née) et j'ai toujours entendu dire que la spécialité de la Mayenne c'était...taddammm, roulement de tambour: la soupe au lait. 
Mais bon je ne sais pas si c'est vrai où si c'est mon grand père qui racontait ça pour justifier que nous, les pingsh ( pardon grand père) on n'est pas trop trucs relevés, épicés. Des générations de pingsheurs élevés à la soupe au lait ça endort les papilles. 
Ce qui est certain c'est que la soupe au lait était servie, il y a très longtemps, dans les fermes, le soir après la dernière traite, en Mayenne, pays des vaches, comme dans toutes les régions rurales. 
Une tranche de pain rassis dans le fond d'une écuelle, arrosée d'un bon lait de ferme chaud, éventuellement du poivre, du sel, et encore c'est facultatif, et c'est tout. 
Dégustez et dodo!
J'ai lu quelque part qu'on pouvait aussi faire la soupe au cidre. Pour les jours fastes sans doute.
Il existe aussi des versions plus modernes de la soupe au lait, j'ai trouvé celle ci qui doit être pas mal du tout. 

 Il y a une autre spécialité en Mayenne mais on ne la trouve que dans la partie Mayenne Angevine. 

Oui! j'ai décidé de rester en Mayenne. Parce que si je commence à parler de Pornic et de la Réunion et de tous les autres coins où je me suis régalée on n'est pas couché. Et puis la Mayenne j'y ai vécu 18 ans et à chaque fois que j'y retourne je me dis que c'est vraiment très très beau.







source photos: page facebook de étonnante Mayenne allez y faire un tour, vous serez surpris de tout ce qu'on peut faire en Mayenne ;)

En Mayenne, il y a des champs, des bois, des vieilles pierres, des jolis villages, des petits rue sinueuses, des grandes rues, des chemins de halage, des écluses, la Mayenne ( la rivière), des bateaux pour aller sur la Mayenne, le douanier Rousseau, Robert Tatin, le mont des Avaloirs, la cité gallo romaine de Jublain, les Emmaüs de Viliers Charlemagne, Le refuge de l'arche, Sainte Suzanne ( un des plus beaux villages de France), les chocolats Réauté, l'abbaye du port salut ( oui oui le from).... et...et le pâté aux prunes. 

Alors ça!, ça c'est de la bombe de gâteau.

Pour tout vous dire, je voulais en faire un pour l'occasion, mais autant je bouffe et je suis gourmande, autant la cuisine et moi... 
Et puis, de toutes façons c'est meilleur sorti de chez le boulanger.


Le pâté aux prunes c'est des reines claudes enfermées dans une pâte dorée. C'est plein de jus, c'est sucré par la pâte et acide par les prunes. C'est juste la perfection.

Sur le net vous trouverez des recettes de pâté aux prunes MAIS attention! N'est pas pâté aux prunes qui veut!

Le pâté aux prunes se fait avec des prunes vertes! et non dénoyautées!! 
Non mais!!! Sans les noyaux c'est plus un pâté aux prunes c'est une tourte à la compote de prune c'est tout. 
Le pâté aux prunes ne se fait pas avec une pâte brisée.
 Non mais!!! Il se fait avec une pâte spéciale, mi brisée, mi briochée, mi sucrée ou un truc dans le genre. (la pâtisserie et moi: cinquante douze) ( les maths aussi)
Et on ne rajoute pas des grains de sucre sur la pâte ou une boule de glace vanille. Hérésie! le pâté aux prunes se suffit à lui même.

Mais alors c'est bon, mais c'est bon...

peux plus parler geu baaave

Cet article participe au rendez-vous mensuel « En France aussi » de  Voyage Féminin, La Terre sur son 31 et Le coin des voyageurs 


lundi 21 juillet 2014

le fashion faux pas.. qui ne se voit pas...au premier coup d'oeil...



En parfaite épouse, quand mon mari adoré me dit qu'il lui manque un énième polo dans sa panoplie de vêtements été sportswear spécial boss* over booké je m'exécute et pars en quête du polo adéquat. (non non, ce détail* n'est pas un j'melapètefemmede ( y'a pas de quoi se la péter) (quoique) ( mon homme ce héros!) mais a bien toute son importance dans ce qui va suivre)( et merde je me carnifie j'abuse de la parenthèse).

Un polo Monsieur demande, un polo Madame va lui trouver. 
Bingo!  Polo a manches courtes, col boutonné, coupe cintrée, 100% coton, un peu fantaisie mais pas trop: Parfait!

Monsieur aime, Monsieur adopte et dès le lendemain dans son bureau de boss overbooké Monsieur arbore son nouveau polo. Il reçoit des clients, des fournisseurs, enchaîne les réunions avec ses collaborateurs...bref une journée classique de boulot.
De retour à la maison, toujours tout beau dans son polo, il croise son fils ( le nôtre en l’occurrence)
Arrêt sur image:
Très classique, à peine fun, juste ce qu'il faut, esprit voile peut être un peu...

Mais à voir la tête de notre fils ce n'est pas du tout son avis! 

Bon on a un peu l'habitude, il a 20 ans et nous ...le double ( ou un peu plus) ( mais à peine). 20 ans de mode nous sépare, on n'est pas toujours raccord. Mais là, quand même, il y va fort dans son " t'es pas allé bosser avec ça?!!?!"

Si tu as 20 ans ou un peu plus, lecteur, tu as déjà compris, ne dis rien ménage le suspens. 
Si tu as 35 ou un peu plus, il y a des chances que tu ne vois pas du tout où je veux en venir et tu penses, sans doute, à bon escient, que "pfff les p'tits jeunes comment ils se la pètent à penser détenir la vérité sur la fashion attitude". Non, parce que là, y'a pas de quoi s'esclaffer, c'est loin d'être du polo hyper branchouille, juste de l'ultra classique.
Bin approche toi, un peu, ou mets tes lunettes de presbyte tu vas comprendre. 
Zoom sur le logo:


Ça y est tu comprends?

Non, toujours pas? Je te rassure, moi, il a fallu me pointer du doigt (si j'ose dire) le symbole que je ne voyais pas. 
Tu vois les deux ronds au dessus du A? Ce ne sont pas des ronds, mais des têtes, donc le A, deux corps
 (...) 
Ouais hein? ça calme! 
Les clients, les collaborateurs, les fournisseurs... le big boss over booké dans son bureau de boss.... Personne n'a rien dit, mais dans le lot il y en a forcément qui ont du, au mieux pouffer, au pire prendre mon homme pour ce qu'il n'est pas. Sa virilité en a pris un coup, et mes talents de trouveuse de polo adéquat aussi. 

La prochaine fois j'opterai pour du basique unicolore, si prochaine fois il y a.

vendredi 11 juillet 2014

le secret des plus fesses du monde enfin dévoilé.

Avant toutes choses, je tiens quand même à dire que je viens de passer 30 minutes à mater des culs sous tous les angles. Je ne sais pas si vous en avez conscience, mais ça peut prêter à confusion. Tout ça pour trouver la photo parfaite. Heureusement j’étais toute seule chez moi. Je n’ose même pas imaginer la tête de mon ado découvrant sa mère hyper concentrée devant des postérieurs dénudés ( Note pour moi: Penser à effacer l’historique) ou pire! tiens! Mon mari. Nan parce que chez lui: sa femme chérie matant des fesses de filles =…comment dire? Oui bon vous avez compris c’est un mec quoi!

La recherche  "fesses brésiliennes" sur google n’est pourtant pas ce qui se fait de plus excitant. Y’a pas que du beau, hein! Y’ a du gros, du trèès gros ( au minimum du kim kardashian ! Elle n’est pourtant pas Brésilienne elle ), du chirurgical ( kim kardashian encore, mais aussi du Nip/Tuck spécial scène de bloc) et puis du flasque, du commun, du plat ;.. Dans ma quête de the photo, je me suis surprise à jouer les juges arbitres de concours miss bumbum : pas assez rond, trop large, trop poire, mouais bof…Ah! là celui là c’est le bon. Il est parfait, juste galbé comme il faut.En plus c'est du pur Brésil, c'est marqué dessus. 

Pourquoi je tiens tant à trouver un bumbum brésilien parce que c’est archi connu les plus beaux popotins du monde sont dits brésiliens. Un galbe, une rondeur particulière…

Alors!  Attention! En exclusivité mondiale je vais vous livrer le secret des secrets, le secret des plus beaux postérieurs de la planète.

Taddaammm:




Les TONGS. Mesdames, messieurs. Les tongs!

La tong grâce au claquement qu’elle inflige à chaque pas au talon redonnerait du tonus aux muscles des cuisses et des fessiers. Ce clap caractéristique créerait un effet améliorant le retour veineux et solliciterait par ce même phénomène les muscles des membres inférieurs et notamment ceux des muscles de la hanche: grand fessier, tenseur du fascia lata, deltoïde fessier, les muscles, donc, responsables du fameux galbe (ou pas).  Bonus, en raffermissant et en améliorant la qualité de la peau, elles rendent aussi les pieds plus souples. Bon ça on est d’accord: Au jeu du "Tu préfères Avoir les pieds souples ou une croupe de déesse" le choix est vite fait.

Bref: Toutes à vos tongs cet été!

Je l’ai testé pendant mes années réunionnaises, et bin ça marche! Mon auguste postérieur ne s’est jamais aussi bien porté que quand j’arborais à mes petons des savates. Les tongs c’est pour les zoreils, en réunionnais on dit savate, c’est plus local et surtout c’est la même chose.

Alors convaincues?

Prêtes à abandonner les squat au profit des promenades en tongs?



Hé pssssst y'a un autre secret: faut pas croire tout ce que vous lisez, c’est peut être vrai mais c’est surtout plus vraisemblablement faux, juste un truc que j’ai entendu il y a longtemps et que j’ai eu envie de croire parce que les tongs c’est synonyme de doigts de pieds en éventail, de liberté, de soleil..; Pour avoir de jolies fesses il n’y a pas de miracle: travail musculaire et/ou jeunesse (foutue loi d’attraction).


Article publié sur le blog des sportives anonymes


lundi 30 juin 2014

Promenons nous...

Premier juillet. Premier jour du mois. Premier billet du mois. 
Depuis presque un an ce premier jour du mois est le jour du traditionnel billet "En France aussi".

J'adore ce rendez vous. Une fois le thème connu, j'y réfléchis longtemps, je cherche où vous emmener, j'échafaude des plans, je fouille mes archives photos, mes souvenirs...Je crois que je n'ai pas loupé une seule édition.

Sauf que voilà.
 Je ne suis pas particulièrement organisée et prévoyante. Plutôt cigale que fourmi pour tout dire. Je suis incapable de planifier un billet des jours à l'avance. Les ébauches terminent leur vie en brouillon. Les publiés à l'inverse le sont instantanément, à peine ma prose terminée et il faut que je partage.
 Vis ma vie de blogueuse.

Mais ces jours ci, mon esprit était totalement accaparé par une seule et unique chose: Arrivée du vol Air France en provenance de Saint Denis de la Réunion, Orly Ouest. Vendredi 27 juin 18h08. Avec à son bord une jolie blonde que je n'ai pas vue depuis plus d'un an, ma fille! Je ne vais pas vous refaire toute l'histoire, stress, joie, angoisse... bonhhhhheeeur. 

Le thème proposé ce mois ci est Promenons nous dans un parc. Moi je me suis plutôt baladée sur des montagnes d'émotions ces derniers temps...
Je crois que je vais faire l'impasse sur les parcs. Mais il faut quand même que je vous raconte...
Le seul jardin que je fréquente assidûment en ce moment, c'est le mien. Tout petit jardin de ville coincé entre quatre murs, pas très joli, dans son jus, un peu gris, un peu trop vert...qui aurait bien besoin d'un peu de travaux.

Hier, pendant qu'il pleuvait à verse sur le jardin, installées toutes les deux sur le canapé, Alex et moi ( hhhiiii elle était à coté de moi hier sur le canapé, pas à 10 000 kms , pas via messagerie, à coté de moi!!) on feuilletait un magazine et on est tombées sous le charme de ces images. Toutes, elles représentent particulièrement le style de jardin que j'aime. 

"C'est tout à fait toi, Maman" (hhhiii elle m'a dit ça la tête posée sur mon épaule, pas à 10 000kms, pas....)




 "Partager. L'air rempli des senteurs de l'été, la caresse du soleil, le chant des grillons. Semer. Jusqu'au soir aux quatre vents. Savourer. Chaque instant, aux quatre saisons."
 "Une clôture paysanne qui ondule au milieu du joli jardin. Parmi les cosmos, les grillons et les fleurs sauvages. Petit coin de paradis, petit abri hors du temps."
 "Il existe un jardin secret que l'on ne voit que la nuit. Un jardin rempli de petits bruits et d'habitants mystérieux. Il existe un jardin merveilleux que l'on ne voit que la nuit et pour cela il suffit de croire un peu en la magie."
 "Qu'y a t'il derrière cette porte? Des rêves dessinés, des mots doux crayonnés, des fleurs sur le papier peint, des pinceaux et des râteaux. Qu'y a t'il derrière cette porte? Peut être mon bonheur retrouvé."
 "Un petit jardin sur les toits, un peu fou, un peu bohème, un petit jardin de pots bizarres avec des fleurs au hasard. Un petit jardin en couleur, avec une touche de folie. Un petit jardin tout petit mais rempli d'histoires..."

Tout ce que j'aime! Mon jardin fantasmé, raconté en images et en mots. 
Ce ne sont pas mes mots, ni mes photos, mais j'adorerais.
Ce sont les 5 premières pages du guide aménager & jardiner de Leroy merlin.
Reste plus qu'à se mettre à l'ouvrage, mais on est deux, motivées, maintenant.

Ce billet ne participe pas, enfin pas tout à fait, pas vraiment, au rendez vous mensuel "un jour en France" de Sylvie, Nath et Christelle...

Mais aller faire un tour chez Fedora, chez Sev, chez Florence...je suis certaine qu'elles auront trouvé des parcs à nous faire visiter. Et chez Sylvie et chez Nath vous retrouverez tous les liens des participants, demain premier juillet.

Mon billet est terminé, hop, publié ;)

mardi 24 juin 2014

434 jours

431 jours. Un an, deux mois et 5 jours

Au volant de ma voiture, je pense à elle, comme souvent, comme tout le temps. 

Il suffit qu'un air particulier passe à la radio pour qu'instantanément je sois avec elle. Je suis, là, seule dans ma bulle, au milieu des autres voitures, la musique, nos musiques, rien à faire d'autre que penser, et comme souvent dans ces moments là, submergée par l'émotion, je verse une petite larme, elle me manque, mais tout va bien, c'est juste une poussière, un frisson d'amour. 
Et voilà, aujourd'hui, non seulement mes yeux s'emplissent de larmes mais j'affiche un sourire, un sourire....
Dans ma tête, on y est à ce 434 ème jour. Je t'attends, nous t'attendons. Et te voilà, belle comme un cœur. Pouvoir te voir en vrai, pouvoir te prendre dans nos bras...
Orly prépare toi, il va y avoir des pleurs vendredi!
J'ai hâte.


Et pourtant je sais que pour elle ça sera difficile, que ce n'est pas ce qu'elle voulait, que cet aller vers Paris aurait du comporter un retour et qu'elle l'avait rêvé accompagné, que douze heures de vol ce n'est pas suffisant pour laisser derrière elle son île et atterrir le cœur léger, qu'il faudra du temps, mais, là, très égoïstement, je ne pense qu'à une chose: la retrouver, enfin!

J'ai peur du décalage dans nos sentiments, elle brisée et nous enfin avec elle.
Ce décalage, je le connais, je l'ai vécu aussi, dans une moindre mesure, à notre retour il y a deux ans. On revenait en métropole, nos parents nous attendaient, eux toute à leur joie de nous revoir après un an et demi sans retour, et nous, heureux de les retrouver, très heureux, mais la tête et le cœur tellement encore là bas. Il y avait comme un voile. Pourtant, nous étions tous ensemble, nous avions des projets...
On ne quitte pas la réunion indemne, elle s'insinue jusqu'au plus profond de nos êtres.

Quand tout à l'heure au téléphone, je lui disais à demi-mots à quel point j'attendais son retour, à quel point j'étais contente de la retrouver. Elle m'a juste dit 
" -Ne sois pas trop contente."
 - D'accord, mais, ne m'en veux pas si je pleure".
 Je pleure déjà, de toutes façons. A l'idée de la voir, de la toucher, mes larmes glissent toutes seules. 
Ma fille, mon amour.

Jamais je n'aurais pensé quand elle était petite que nous serions séparées aussi longtemps.
Enfin si. Bien sûr que nous l'avons aidé à aller vers toujours plus d'autonomie, d'indépendance. Qu'elle sache voler de ses propres ailes était notre souhait le plus cher. Mais pas aussi vite.
Je me souviens d'avoir jugé avec un couperet la situation de la fille d'une amie. A 17 ans, elle avait son appartement avec son amoureux. Je me souviens de m'être dit: mais comment sa mère peut cautionner ça? Ma fille avait 15 ans à cette époque, et cette possibilité pour elle ne m’effleurait même pas. Non, ma fille à moi, sera étudiante, un jour, pas trop loin de la maison, peut être amoureuse, mais elle prendra son temps pour vivre avec quelqu'un.
Sauf que voilà, elle a eu 17 ans à la Réunion, est tombé amoureuse à la Réunion, on est rentré en métropole, son cœur est resté à la Réunion et elle a eu 18 ans, auréolée de sa toute nouvelle majorité, elle a pris la décision de repartir là où son cœur était.
On a dit: "Non, hors de question, tu es en pleine année du BAC, passe ton BAC, sois patiente, dans quelques mois ton bac en poche on verra, tu pourras faire ta FAC là bas, on est en mars, quelques mois, ça ne devrait pas être si compliqué d'attendre."
Si! ça l'était!
On a beaucoup parlé, mis en garde, négocié, interdit...et puis on capitulé.
On a fait le choix de préserver ce lien si fort, si beau, entre nous et elle, de ne pas risquer qu'il se dégrade, de la laisser vivre ses expériences loin de nous.
Elle pris l'avion le 19 avril 2013 pour son île, son amour, sa nouvelle vie.

La savoir heureuse nous suffisait. 
Elle s'est montré très forte, a eu son bac puis sa licence, s'est incroyablement dépatouillé de toutes les contraintes administratives d'une vie d'adulte. Elle a vécu une jolie histoire, mais les histoires d'amour... quelques fois finissent... mal en général.
La distance, les 10 000 kilomètres entre elle et nous, sont devenus pesants, insupportables pour nous impuissants au téléphone, cruels pour elle désarmée, si forte mais si fragile encore.
 "Tu devrais rentrer, revenir te reconstruire près de nous". 
Elle a hésité, lutté puis décidé, elle revient, elle sera là le 27 juin.
434 jours.
j'ai hâte.

jeudi 22 mai 2014

La question


Il est des jours où notre esprit se perd dans des contrées inexplorées, là où règne le chaos, là où les questions restent sans réponse, là où le doute est roi. Une poussière dans un engrenage, juste une incertitude, une hésitation et les pensées s'entrechoquent, s'annihilent. Ne reste bientôt qu'un gouffre béant, des méandres de confusion. La flamme autrefois vive fait place à un souffle glacial. L'ignorance, l’incompréhension, une anomalie, juste un mauvais fonctionnement, une synapse rompue.
Quelle est la réponse? 

Mais pétard de pétard comment on fait un pprrr sur un clavier?   Comment traduire ce bruit si particulier et ultra classieux du pet labial qui signifie " j'sais pas" 
Je sais faire des pfff, des niak niak , des gné, des han, des ... mais je ne suis pas fichue de poser un (..) sur mon écran.
Prout, non!
pou, non plus
fbrrr, non non

sans compter que j'ai l'air maline à faire des sons ainsi avec ma bouche, joues gonflées d'air, air expulsé violemment nonchalamment, lèvres serrées mais juste suffisamment élastiques pour laisser passer le (..), tout ça pour essayer de capter la phonétique de la chose.
Nan parce que ça m'agace, je voudrais bien pouvoir répondre quand on me pose une question sur les réseaux sociaux et souvent, c'est ça ma réponse: le bruit, celui que je ne sais pas écrire. Bon passons.

Sinon je vous ai parlé de mon petit orteil qui a une tendance un peu excessive à vouloir flirter avec son voisin. Non? bin si vous avez deux minutes on peut en parler
  

samedi 8 mars 2014

Expatriée

Voilà voilà, ça faisait un moment qu'il dormait dans un coin de mon blog ce tag.

 L' Expat tag, celui que Lydoue m'a lancé dans un des ces bons jours. ( Si tu connais le crapaud tu comprendras. La dame a ses humeurs)
 Expatriée je ne suis pas vraiment concernée, enfin... plus, et encore... si tant est que je le fusse un jour ( régale toi, le subjonctif imparfait c'est cadeau)
 Parce que oui, c'est vrai, je suis partie, un moment, loin de mes contrées natales, à l'autre bout de la planète, vivre sur un caillou bordé d'un océan d'un bleu un peu plus turquoise. je me suis expatriée.
Mais voilà voilà, je suis revenue en métropole ( là c'est le moment où je pleure) 
Et puis L'île de la Réunion, dans l'Océan indien, à l'Est de l'Afrique de l'Est, caillou minuscule à coté de Madagascar, c'est loin, très loin, 10 000 kms à vol d'Air austral, mais c'est toujours la France.
 La même secu, la même CAF, les mêmes impôts ( quoi que), la même administration française, les mêmes systèmes scolaires, de santé, juridiques, bancaires que ceux que j'ai toujours connus.... on prend les mêmes et on recommence, le soleil en plus. 





Expatriée n'est peut être pas le bon terme.

Et pour ne rien te cacher, c'est aujourd'hui que je prends la mesure du terme expatrié. Parce que mon mari est, en ce moment même, quelque part dans un pays qui n'est pas la France, il y négocie un éventuel contrat qui ferait de nous de vrais expatriés, avec une carte de séjour, d'autres systèmes, d'autres administrations.
Donc oui c'est le bon jour pour faire le point sur mon expérience de fausse expatriée en attendant de savoir si je vais devenir une vraie expatriée.

1/ Expatriée toute seule ou expatriée par amour ? 

Toute seule je n'en aurais jamais eu le courage. Je suis casanière, je suis bien là où on m'a posée. Comme tout le monde j'aime voyager pendant les vacances, découvrir de nouveaux horizons, mais je dois faire partie de ces gens qui ont un système racinaire important. J'aime revenir chez moi. 
Du moins, ça, c'est ce que je croyais avant, avant d'accepter de partir loin de mon coin de France. 
J'ai épousé un type qui lui ne pense qu'à partir. A l'inverse de moi, lui ses racines il les fabrique instantanément là où il est. Et pire, depuis que je le connais, il les rêve ailleurs.
Au hasard de vacances à Marie Galante, il nous voyait, là, avec les enfants, heureux. 
Parti en séminaire de travail en Nouvelle Zélande, il me disait combien notre vie serait fantastique ici.
Un tour en bateau avec nos amis à Cuba et c'est toute la famille qu'il voulait embarquer.
...

 Le rêveur est patient, il aura mis presque 20 ans à me convaincre mais il y est parvenu.
Une offre d'emploi alléchante, un moment propice et j'ai accepté.

Par amour c'est certain. Et c'est joliment dit pour "c'était ça ou la fin d'une jolie histoire". 
Presque 20 ans c'est long, c'est dur quelques fois. Deux boulots très prenants, deux vies qui se font côte à côte. 
C'est faux de penser que les chemins des deux individus d'un couple sont identiques ou parallèles, ils sont tout sauf parallèles, ils se croisent, se suivent, s'entrelacent souvent mais se séparent aussi.
 Le moment propice à notre départ a été celui d'une prise de conscience mutuelle d'une séparation qui arrivait inéluctablement et que nous ne voulions ni l'un ni l'autre. Il fallait tenter quelque chose, rompre le cours de notre routine, se retrouver autour d'un projet commun, rêver à l'unisson. 
Pas vraiment une bouée de sauvetage, on n’entraîne pas toute sa famille à 10 000 kms sur un rafiot qui coule, mais disons qu'il a fallu beaucoup de temps pour que je rompe mes amarres et autant de temps pour que le rêveur devienne un vrai capitaine. 

Nous sommes partis. Lui, moi et nos 3 enfants de 17, 15 et 12 ans.

Mes enfants, mon dernier rempart ultime. J'avais dit: si les enfants ne sont pas d'accord, nous n'irons pas. Ils ont été d'accord. Nous sommes partis.

2/ Depuis combien de temps es-tu de l’autre côté de chez toi…

Voilà c'est ça qui est paradoxal, moi l'enracinée, celle qui ne voulait jamais partir loin de sa famille, qui était sûre que chez elle c'était ce p'tit bout de cote Atlantique, la première réponse qui me vient à l'esprit aujourd'hui c'est: presque 2 ans. Date de notre départ en métropole.
La Réunion a été une expérience si unique, si enrichissante que c'est depuis que je l'ai quittée que je suis de l'autre coté de chez moi.

Ici, là où je vis aujourd'hui, je ne suis pas chez moi.


La Mayenne c'est chez moi, Nantes c'est chez moi, Pornic c'est chez nous, la Réunion c'est chez nous, ici ce n'est qu'une étape. Il manque la mer et tellement de choses.

3/ Quels sont les mets qui te manquent le plus de ton pays d’origine ? 

Le fromage me manquait à la réunion.
 D'ailleurs c'était une très très mauvaise idée de le dire à qui voulait l'entendre juste avant les vacances de Noël en métropole. Résultat 4 kg en 15 jours, plateau de fromage pantagruélique chez mes parents, "reprends du comté il ne doit pas être très bon là bas" et raclette chez à peu près tous les amis qui sont trop contents de te faire plaisir.

Il y a du fromage péi à la réunion, du fromage de vache ou de cabri ( chèvre) mais bof bof surtout quand on a un papa qui a toujours acheté son from chez un fromager ou au marché, pas au supermarché, malheureux! et que toi bonne fille élevée à l'ossau iraty fermier et au camembert au lait cru tu as suivi ce précieux conseil. 

Je me souviens d'une soirée vin et fromage. Ah oui le vin c'est compliqué aussi, mais il y a des cavistes qui le font venir dans des containers climatisés, c'est plus cher mais ça va encore, et pis y'a le Charrette, le rhum péi, à 5€ la bouteille on oublie vite l'apéro Chablis.
 Le ti punch y'a que ça de vrai.
Soirée vin et fromage chez ma merveilleuse Emmanuelle. Chacun devait apporter un litron et un bout de fromdu. Ce soir là on avait invité Octave. Octave est pilote de ligne, il arrivait le matin même de Paris et dans sa besace ( réfrigérée siouplé) du comté, du vrai, du bon qui n'avait pas souffert d'un stockage au soleil. Octave je t'ai aimé ce soir là, si tu savais. Mais j'aime beaucoup Emmanuelle aussi hein, l'autre Emmanuelle ta femme ma copine de conseils d'administration du lycée.

Aujourd'hui c'est le rougail qui me manque, et peut être plus encore les gâteaux banane l'on achetait chez Loulou à Saint Gilles avant d'aller à la plage, ou le café vanille sur la plage, ou mieux la glace mangue achetée au camion de glaces avec sa petite musique enfantine qui l'annonçait de loin, ou non, tiens, ce qui me manque le plus, c'est de tendre la main sous la varangue vers le citronnier du jardin, cueillir un citron, en couper un morceau et l'ajouter au sucre péi et au rhum pour déguster mon ti punch le soir.

Les ti punch n'ont plus le même goût ici. 
Tout comme les litchis. Ici ils sont..insipides. Rien à voir avec les fruits juteux, à 80 cts le kilo, achetés sur un étal au bord de la route. J'ai toujours aimé ça les litchis de Noël en France mais c'était avant, avant de les goûter tous frais cueillis sur l'arbre.
 Les baleresses ( étrilles) ne seront jamais aussi bonnes que mangées sur le dolmen du Predaire de Pornic avec un bon verre de muscadet, les gougères de Jean claude Godard sont magnifiques chez Jean Claude Godard en bourgogne,  le rougail saucisse au snack racine à l'Hermitage...
Je goûte autant le mets que la situation.



Si on doit repartir ailleurs, il n'y aura peut être pas de litchis, pas de ti punch mais il y aura autre chose, une gourmandise qui affolera mes papilles et dont je ne soupçonne peut être même pas encore l'existence. Ce qui est certain c'est que c'est là bas qu'elle sera le meilleur.

4/ Vis-tu à l’heure de ton pays d’accueil ou à l’heure de ton pays d’origine ?

Quelle drôle de question, comment peux t'on vivre à l'heure de son pays d'origine dans son pays d'accueil? Autant dire: je vous emmerde, mon heure est bien plus futée que la vôtre, je n'ai aucune envie de connaître vos us et coutumes. Et dans ce cas qu'on m'explique ce qu'on vient y foutre dans ce pays.



5/ Une chose, un objet que tu as toujours trimbalé au long de tous tes voyages… 
Une ou deux bricoles légères, souvenirs de ma grand mère, souvenir d'une amitié, d'un moment précieux.
On est parti à la Réunion sans container, avec une valise de 27 kg maximum par personnes soit 135 kg pour 5. 
Les fringues, quelques papiers , il y avait peu de place pour les fioritures. J'ai appris à me délester. Moi qui était une collectionneuse d'objets improbables, une acheteuse compulsive, j'ai reçu là une grande leçon, voir partir chez qui voulait les prendre ou à la poubelle la plupart de mes objets m'a guéri. On vit très bien sans tout un tas d'inutilités.



6/ Te sens-tu étrangère une fois par jour, une fois par semaine, de temps en temps, jamais..

Je ne me suis jamais sentie étrangère à la Réunion. Pourtant...
Les 6 premiers mois ont été très compliqués. Ma famille me manquait, l'île n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais. Mon chéri en avait dressé un tableau si idyllique et j'étais si en colère que je fermais les yeux sur toute la beauté qui m'entourait. Je sais maintenant que j'étais totalement hermétique au changement. Je m'en voulais d'avoir accepté ce départ, de faire subir cet éloignement à mes parents ( le fameux cordon, les amarres pas tout à fait rompues...)   Les plages me semblait inintéressantes, beaucoup moins belles que celles des Antilles, même le lagon ne souffrait pas la comparaison à mes yeux avec le sentier des douaniers de mon Pornic adoré ( c'est dire si j'avais des œillères!).
 Je me souviens d'être allée au cinéma voir un film français tourné dans Ma région, j'ai pleuré à chaudes larmes devant Mes paysages.
Les gens me semblaient surfaits, on était invités un peu partout chez des zoreils ( métropolitains installés sur l'île) trop contents de montrer à quelle point la vie était géniale sur le caillou et moi je notais surtout leur snobisme de zoreil. Chacun énonçant fièrement son " depuis combien de temps êtes vous sur l'île?" 7 mois, 1 an, wahoo 9 ans mais quelle chance! WTF ? On s'en balance de savoir qui détient le record de longévité.
Les créoles me saoulaient avec leur kreol, barrière très pratique du 'tu n'es pas d'ici, tu ne nous comprends pas" 
Tout était cher, mais cher à un point! le jambon herta à 5€ les 4 tranches, le nutela idem, la vaisselle (je te rappelle les valises, que des fringues, tout à racheter ici, à commencer par la vaisselle) que du moche et du moche cher. 
On me proposait de la lampe en noix de coco quand moi je voulais mes ateliers d'artistes recup de Nantes.
Bref, fermée à double tour la pingsheuse, veut revoir son Pornic, ses amis, sa famille, ses habitudes.
Et puis il y a eu un déclic, je sais précisément où il a eu lieu. Sur la route des tamarins, en direction de la plage, un dimanche, mon mari me disait pour la énième fois "Regarde comme c'est beau, les maisons dans les hauts d'un coté, l'océan de l'autre coté" et là bizarrement j'ai rendu les armes. Je l'ai  physiquement ressenti, la pression qui retombe, les épaules qui se dénouent. Oui c'était beau. ( et pourtant ce n'est que la route des tamarins, pas l'endroit le plus sexy de la Réunion) mais pour la première fois je l'admettais. Oui on allait être bien ici.
Une fois toutes mes barricades tombées, je me suis laissée aller et j'ai vu, le lagon, les gens, les paysages, la faune, la flore, ma nouvelle vie.

Et puis il fallait vraiment que je sois totalement coincée du c.. pour ne pas tomber sous le charme de la Réunion.
C'est une merveille. 



7/ Songes-tu à un éventuel retour "chez toi" ?
Le chez moi de la réunion est devenu mon chez ma fille. Alors oui j'ai très envie d'y retourner mais pas dans n'importe quelles conditions. Si je suis pragmatique, ( ce qui serait très nouveau) il y a un énorme point noir à la vie à la Réunion, un point noir d'environ 1000€ par tête, le prix d'un billet aller et retour pour la métropole. Si je dois vivre de nouveau là bas, mon budget devra pouvoir supporter au moins un aller et retour par an pour chacun de nous. Voire deux. Un voyage vacances et un en cas d'urgence. Et ça fait un sacré budget!
En revanche puisqu'on parle gros sous, la vie finalement ( maintenant que je suis rentrée en métropole, là où c'est aussi la crise) n'est pas aussi dispendieuse qu'on pourrait le croire. Il suffit de se mettre au diapason local, de manger péi quoi! les marchés recèlent des fruits et de légumes monstrueux de goût à des prix tout doux ( beaucoup moins cher qu'ici). On consomme différemment.  




8/ Justement, que signifie pour toi l’expression "chez soi" ?  
Pour moi c'est l'endroit qu'on est content de retrouver quand on rentre de vacances.
Petite fille j'avais ce sentiment très fort d'excitation teintée de mélancolie quand, dans la GS de mon père, on approchait de Chateau Gontier. On laissait les vacances à St Brévin les pins derrière nous mais on rentrait à la maison.
Adulte j'ai éprouvé ce même sentiment en rentrant chez nous à Pornic avec nos loulous.
Et c'est aussi ce que je me suis dit dans l'avion pour la Réunion, revenant de vacances en métropole. On rentre à la maison.
Ici, je n'arrive pas à retrouver ce sentiment, ce n'est pas chez moi.



9/ La leçon de cette expatriation ?...
les leçons!elles sont trop nombreuses pour être écrite ici. mais sommairement:
 De mon point vue de femme: J'ai retrouvé mon mari.
 De mon point de vue de maman: Mes enfants ont grandi. Ma fille y est devenue une femme, elle y a puisé une force incroyable. Et même si cela nous a conduit à une séparation, puisque chez elle c'est la réunion, je suis fière, à l’extrême, de celle qu'elle est devenue
C'est plus compliqué pour mes fils, qui vivent encore toujours un peu dans le fantasme de leur vie Pornicaise, qui se réfugient derrière des "si on était resté à Pornic, on aurait fait ceci ou cela". Moi je ne suis pas certaine qu'avec des si ou si il y aurait eu ci ou ça. Des excuses, toutes trouvées, bien pratiques, culpabilisantes pour leur mère. C'est beaucoup plus simple de rejeter la faute sur l'autre que s’interroger soi-même. ( je le sais j'ai longtemps toujours fonctionné comme ça) mais c'est LEUR chemin, il va falloir qu'ils s'en dépatouillent eux mêmes. Je suis certaine qu'un jour ils prendront la mesure de la chance qu'ils ont eu de vivre ailleurs. Un jour ils auront le déclic.

D'un point de vue personnel, je me suis arrondie, dans tous les sens du terme, et si il y a un sens d'arrondi dont je me serais bien passée il y en a un autre qui était salvateur. Il y a encore du boulot, mais me déraciner est sans doute la meilleure chose qui pouvait m'arriver.




10/ Réponds à cette question que j’oublie de te poser et à laquelle tu voudrais tellement répondre… 
Alors prête pour une nouvelle aventure ?
Oui, même si ça me terrifie, je suis prête. 






En attendant je vous ai promené sur la plage de la Saline, sous les filaos, un dimanche ordinaire, la plage, le lagon et surtout les pique-niques sans chichis des familles unies. Tous ensemble, de la gramoune au marmaille, ça rit, ça chante, ça se régale.... c'est ça la Réunion!