431 jours. Un an, deux mois et 5 jours
Au volant de ma voiture, je pense à elle, comme souvent, comme tout le temps.
Il suffit qu'un air particulier passe à la radio pour qu'instantanément je sois avec elle. Je suis, là, seule dans ma bulle, au milieu des autres voitures, la musique, nos musiques, rien à faire d'autre que penser, et comme souvent dans ces moments là, submergée par l'émotion, je verse une petite larme, elle me manque, mais tout va bien, c'est juste une poussière, un frisson d'amour.
Et voilà, aujourd'hui, non seulement mes yeux s'emplissent de larmes mais j'affiche un sourire, un sourire....
Dans ma tête, on y est à ce 434 ème jour. Je t'attends, nous t'attendons. Et te voilà, belle comme un cœur. Pouvoir te voir en vrai, pouvoir te prendre dans nos bras...
Orly prépare toi, il va y avoir des pleurs vendredi!
J'ai hâte.
Et pourtant je sais que pour elle ça sera difficile, que ce n'est pas ce qu'elle voulait, que cet aller vers Paris aurait du comporter un retour et qu'elle l'avait rêvé accompagné, que douze heures de vol ce n'est pas suffisant pour laisser derrière elle son île et atterrir le cœur léger, qu'il faudra du temps, mais, là, très égoïstement, je ne pense qu'à une chose: la retrouver, enfin!
J'ai peur du décalage dans nos sentiments, elle brisée et nous enfin avec elle.
Ce décalage, je le connais, je l'ai vécu aussi, dans une moindre mesure, à notre retour il y a deux ans. On revenait en métropole, nos parents nous attendaient, eux toute à leur joie de nous revoir après un an et demi sans retour, et nous, heureux de les retrouver, très heureux, mais la tête et le cœur tellement encore là bas. Il y avait comme un voile. Pourtant, nous étions tous ensemble, nous avions des projets...
On ne quitte pas la réunion indemne, elle s'insinue jusqu'au plus profond de nos êtres.
Quand tout à l'heure au téléphone, je lui disais à demi-mots à quel point j'attendais son retour, à quel point j'étais contente de la retrouver. Elle m'a juste dit
" -Ne sois pas trop contente."
- D'accord, mais, ne m'en veux pas si je pleure".
Je pleure déjà, de toutes façons. A l'idée de la voir, de la toucher, mes larmes glissent toutes seules.
Ma fille, mon amour.
Jamais je n'aurais pensé quand elle était petite que nous serions séparées aussi longtemps.
Enfin si. Bien sûr que nous l'avons aidé à aller vers toujours plus d'autonomie, d'indépendance. Qu'elle sache voler de ses propres ailes était notre souhait le plus cher. Mais pas aussi vite.
Je me souviens d'avoir jugé avec un couperet la situation de la fille d'une amie. A 17 ans, elle avait son appartement avec son amoureux. Je me souviens de m'être dit: mais comment sa mère peut cautionner ça? Ma fille avait 15 ans à cette époque, et cette possibilité pour elle ne m’effleurait même pas. Non, ma fille à moi, sera étudiante, un jour, pas trop loin de la maison, peut être amoureuse, mais elle prendra son temps pour vivre avec quelqu'un.
Sauf que voilà, elle a eu 17 ans à la Réunion, est tombé amoureuse à la Réunion, on est rentré en métropole, son cœur est resté à la Réunion et elle a eu 18 ans, auréolée de sa toute nouvelle majorité, elle a pris la décision de repartir là où son cœur était.
On a dit: "Non, hors de question, tu es en pleine année du BAC, passe ton BAC, sois patiente, dans quelques mois ton bac en poche on verra, tu pourras faire ta FAC là bas, on est en mars, quelques mois, ça ne devrait pas être si compliqué d'attendre."
Si! ça l'était!
On a beaucoup parlé, mis en garde, négocié, interdit...et puis on capitulé.
On a fait le choix de préserver ce lien si fort, si beau, entre nous et elle, de ne pas risquer qu'il se dégrade, de la laisser vivre ses expériences loin de nous.
Elle pris l'avion le 19 avril 2013 pour son île, son amour, sa nouvelle vie.
La savoir heureuse nous suffisait.
Elle s'est montré très forte, a eu son bac puis sa licence, s'est incroyablement dépatouillé de toutes les contraintes administratives d'une vie d'adulte. Elle a vécu une jolie histoire, mais les histoires d'amour... quelques fois finissent... mal en général.
La distance, les 10 000 kilomètres entre elle et nous, sont devenus pesants, insupportables pour nous impuissants au téléphone, cruels pour elle désarmée, si forte mais si fragile encore.
"Tu devrais rentrer, revenir te reconstruire près de nous".
Elle a hésité, lutté puis décidé, elle revient, elle sera là le 27 juin.
434 jours.
j'ai hâte.
Pingsh: mot fourre tout invariable d'origine inconnue pouvant être tout à tour nom, verbe, ponctuation ou onomatopée signifiant à peu près truc, schtroumpf, accrocher, terminer, épingler, toc, paf, plouf, bing...ou ce que vous voudrez.
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mardi 24 juin 2014
samedi 8 mars 2014
Expatriée
Voilà voilà, ça faisait un moment qu'il dormait dans un coin de mon blog ce tag.
L' Expat tag, celui que Lydoue m'a lancé dans un des ces bons jours. ( Si tu connais le crapaud tu comprendras. La dame a ses humeurs)
Expatriée je ne suis pas vraiment concernée, enfin... plus, et encore... si tant est que je le fusse un jour ( régale toi, le subjonctif imparfait c'est cadeau)
Parce que oui, c'est vrai, je suis partie, un moment, loin de mes contrées natales, à l'autre bout de la planète, vivre sur un caillou bordé d'un océan d'un bleu un peu plus turquoise. je me suis expatriée.
Mais voilà voilà, je suis revenue en métropole ( là c'est le moment où je pleure)
Et puis L'île de la Réunion, dans l'Océan indien, à l'Est de l'Afrique de l'Est, caillou minuscule à coté de Madagascar, c'est loin, très loin, 10 000 kms à vol d'Air austral, mais c'est toujours la France.
La même secu, la même CAF, les mêmes impôts ( quoi que), la même administration française, les mêmes systèmes scolaires, de santé, juridiques, bancaires que ceux que j'ai toujours connus.... on prend les mêmes et on recommence, le soleil en plus.
Expatriée n'est peut être pas le bon terme.
Et pour ne rien te cacher, c'est aujourd'hui que je prends la mesure du terme expatrié. Parce que mon mari est, en ce moment même, quelque part dans un pays qui n'est pas la France, il y négocie un éventuel contrat qui ferait de nous de vrais expatriés, avec une carte de séjour, d'autres systèmes, d'autres administrations.
Donc oui c'est le bon jour pour faire le point sur mon expérience de fausse expatriée en attendant de savoir si je vais devenir une vraie expatriée.
1/ Expatriée toute seule ou expatriée par amour ?
Toute seule je n'en aurais jamais eu le courage. Je suis casanière, je suis bien là où on m'a posée. Comme tout le monde j'aime voyager pendant les vacances, découvrir de nouveaux horizons, mais je dois faire partie de ces gens qui ont un système racinaire important. J'aime revenir chez moi.
Au hasard de vacances à Marie Galante, il nous voyait, là, avec les enfants, heureux.
Parti en séminaire de travail en Nouvelle Zélande, il me disait combien notre vie serait fantastique ici.
Un tour en bateau avec nos amis à Cuba et c'est toute la famille qu'il voulait embarquer.
...
Le rêveur est patient, il aura mis presque 20 ans à me convaincre mais il y est parvenu.
Une offre d'emploi alléchante, un moment propice et j'ai accepté.
Par amour c'est certain. Et c'est joliment dit pour "c'était ça ou la fin d'une jolie histoire".
Presque 20 ans c'est long, c'est dur quelques fois. Deux boulots très prenants, deux vies qui se font côte à côte.
C'est faux de penser que les chemins des deux individus d'un couple sont identiques ou parallèles, ils sont tout sauf parallèles, ils se croisent, se suivent, s'entrelacent souvent mais se séparent aussi.
Le moment propice à notre départ a été celui d'une prise de conscience mutuelle d'une séparation qui arrivait inéluctablement et que nous ne voulions ni l'un ni l'autre. Il fallait tenter quelque chose, rompre le cours de notre routine, se retrouver autour d'un projet commun, rêver à l'unisson.
Pas vraiment une bouée de sauvetage, on n’entraîne pas toute sa famille à 10 000 kms sur un rafiot qui coule, mais disons qu'il a fallu beaucoup de temps pour que je rompe mes amarres et autant de temps pour que le rêveur devienne un vrai capitaine.
Nous sommes partis. Lui, moi et nos 3 enfants de 17, 15 et 12 ans.
Mes enfants, mon dernier rempart ultime. J'avais dit: si les enfants ne sont pas d'accord, nous n'irons pas. Ils ont été d'accord. Nous sommes partis.
2/ Depuis combien de temps es-tu de l’autre côté de chez toi…
Voilà c'est ça qui est paradoxal, moi l'enracinée, celle qui ne voulait jamais partir loin de sa famille, qui était sûre que chez elle c'était ce p'tit bout de cote Atlantique, la première réponse qui me vient à l'esprit aujourd'hui c'est: presque 2 ans. Date de notre départ en métropole.
La Réunion a été une expérience si unique, si enrichissante que c'est depuis que je l'ai quittée que je suis de l'autre coté de chez moi.
Ici, là où je vis aujourd'hui, je ne suis pas chez moi.
La Mayenne c'est chez moi, Nantes c'est chez moi, Pornic c'est chez nous, la Réunion c'est chez nous, ici ce n'est qu'une étape. Il manque la mer et tellement de choses.
3/ Quels sont les mets qui te manquent le plus de ton pays d’origine ?
Le fromage me manquait à la réunion.
D'ailleurs c'était une très très mauvaise idée de le dire à qui voulait l'entendre juste avant les vacances de Noël en métropole. Résultat 4 kg en 15 jours, plateau de fromage pantagruélique chez mes parents, "reprends du comté il ne doit pas être très bon là bas" et raclette chez à peu près tous les amis qui sont trop contents de te faire plaisir.
Il y a du fromage péi à la réunion, du fromage de vache ou de cabri ( chèvre) mais bof bof surtout quand on a un papa qui a toujours acheté son from chez un fromager ou au marché, pas au supermarché, malheureux! et que toi bonne fille élevée à l'ossau iraty fermier et au camembert au lait cru tu as suivi ce précieux conseil.
Je me souviens d'une soirée vin et fromage. Ah oui le vin c'est compliqué aussi, mais il y a des cavistes qui le font venir dans des containers climatisés, c'est plus cher mais ça va encore, et pis y'a le Charrette, le rhum péi, à 5€ la bouteille on oublie vite l'apéro Chablis.
Aujourd'hui c'est le rougail qui me manque, et peut être plus encore les gâteaux banane l'on achetait chez Loulou à Saint Gilles avant d'aller à la plage, ou le café vanille sur la plage, ou mieux la glace mangue achetée au camion de glaces avec sa petite musique enfantine qui l'annonçait de loin, ou non, tiens, ce qui me manque le plus, c'est de tendre la main sous la varangue vers le citronnier du jardin, cueillir un citron, en couper un morceau et l'ajouter au sucre péi et au rhum pour déguster mon ti punch le soir.
Les ti punch n'ont plus le même goût ici.
Tout comme les litchis. Ici ils sont..insipides. Rien à voir avec les fruits juteux, à 80 cts le kilo, achetés sur un étal au bord de la route. J'ai toujours aimé ça les litchis de Noël en France mais c'était avant, avant de les goûter tous frais cueillis sur l'arbre.
Les baleresses ( étrilles) ne seront jamais aussi bonnes que mangées sur le dolmen du Predaire de Pornic avec un bon verre de muscadet, les gougères de Jean claude Godard sont magnifiques chez Jean Claude Godard en bourgogne, le rougail saucisse au snack racine à l'Hermitage...
Je goûte autant le mets que la situation.
Si on doit repartir ailleurs, il n'y aura peut être pas de litchis, pas de ti punch mais il y aura autre chose, une gourmandise qui affolera mes papilles et dont je ne soupçonne peut être même pas encore l'existence. Ce qui est certain c'est que c'est là bas qu'elle sera le meilleur.
4/ Vis-tu à l’heure de ton pays d’accueil ou à l’heure de ton pays d’origine ?
Quelle drôle de question, comment peux t'on vivre à l'heure de son pays d'origine dans son pays d'accueil? Autant dire: je vous emmerde, mon heure est bien plus futée que la vôtre, je n'ai aucune envie de connaître vos us et coutumes. Et dans ce cas qu'on m'explique ce qu'on vient y foutre dans ce pays.
5/ Une chose, un objet que tu as toujours trimbalé au long de tous tes voyages…
Une ou deux bricoles légères, souvenirs de ma grand mère, souvenir d'une amitié, d'un moment précieux.
On est parti à la Réunion sans container, avec une valise de 27 kg maximum par personnes soit 135 kg pour 5.
Les fringues, quelques papiers , il y avait peu de place pour les fioritures. J'ai appris à me délester. Moi qui était une collectionneuse d'objets improbables, une acheteuse compulsive, j'ai reçu là une grande leçon, voir partir chez qui voulait les prendre ou à la poubelle la plupart de mes objets m'a guéri. On vit très bien sans tout un tas d'inutilités.
6/ Te sens-tu étrangère une fois par jour, une fois par semaine, de temps en temps, jamais..
Je ne me suis jamais sentie étrangère à la Réunion. Pourtant...
Les 6 premiers mois ont été très compliqués. Ma famille me manquait, l'île n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais. Mon chéri en avait dressé un tableau si idyllique et j'étais si en colère que je fermais les yeux sur toute la beauté qui m'entourait. Je sais maintenant que j'étais totalement hermétique au changement. Je m'en voulais d'avoir accepté ce départ, de faire subir cet éloignement à mes parents ( le fameux cordon, les amarres pas tout à fait rompues...) Les plages me semblait inintéressantes, beaucoup moins belles que celles des Antilles, même le lagon ne souffrait pas la comparaison à mes yeux avec le sentier des douaniers de mon Pornic adoré ( c'est dire si j'avais des œillères!).
Je me souviens d'être allée au cinéma voir un film français tourné dans Ma région, j'ai pleuré à chaudes larmes devant Mes paysages.
Les gens me semblaient surfaits, on était invités un peu partout chez des zoreils ( métropolitains installés sur l'île) trop contents de montrer à quelle point la vie était géniale sur le caillou et moi je notais surtout leur snobisme de zoreil. Chacun énonçant fièrement son " depuis combien de temps êtes vous sur l'île?" 7 mois, 1 an, wahoo 9 ans mais quelle chance! WTF ? On s'en balance de savoir qui détient le record de longévité.
Les créoles me saoulaient avec leur kreol, barrière très pratique du 'tu n'es pas d'ici, tu ne nous comprends pas"
Tout était cher, mais cher à un point! le jambon herta à 5€ les 4 tranches, le nutela idem, la vaisselle (je te rappelle les valises, que des fringues, tout à racheter ici, à commencer par la vaisselle) que du moche et du moche cher.
On me proposait de la lampe en noix de coco quand moi je voulais mes ateliers d'artistes recup de Nantes.
Bref, fermée à double tour la pingsheuse, veut revoir son Pornic, ses amis, sa famille, ses habitudes.
Et puis il y a eu un déclic, je sais précisément où il a eu lieu. Sur la route des tamarins, en direction de la plage, un dimanche, mon mari me disait pour la énième fois "Regarde comme c'est beau, les maisons dans les hauts d'un coté, l'océan de l'autre coté" et là bizarrement j'ai rendu les armes. Je l'ai physiquement ressenti, la pression qui retombe, les épaules qui se dénouent. Oui c'était beau. ( et pourtant ce n'est que la route des tamarins, pas l'endroit le plus sexy de la Réunion) mais pour la première fois je l'admettais. Oui on allait être bien ici.
Une fois toutes mes barricades tombées, je me suis laissée aller et j'ai vu, le lagon, les gens, les paysages, la faune, la flore, ma nouvelle vie.
Et puis il fallait vraiment que je sois totalement coincée du c.. pour ne pas tomber sous le charme de la Réunion.
C'est une merveille.
7/ Songes-tu à un éventuel retour "chez toi" ?
Le chez moi de la réunion est devenu mon chez ma fille. Alors oui j'ai très envie d'y retourner mais pas dans n'importe quelles conditions. Si je suis pragmatique, ( ce qui serait très nouveau) il y a un énorme point noir à la vie à la Réunion, un point noir d'environ 1000€ par tête, le prix d'un billet aller et retour pour la métropole. Si je dois vivre de nouveau là bas, mon budget devra pouvoir supporter au moins un aller et retour par an pour chacun de nous. Voire deux. Un voyage vacances et un en cas d'urgence. Et ça fait un sacré budget!
En revanche puisqu'on parle gros sous, la vie finalement ( maintenant que je suis rentrée en métropole, là où c'est aussi la crise) n'est pas aussi dispendieuse qu'on pourrait le croire. Il suffit de se mettre au diapason local, de manger péi quoi! les marchés recèlent des fruits et de légumes monstrueux de goût à des prix tout doux ( beaucoup moins cher qu'ici). On consomme différemment.
8/ Justement, que signifie pour toi l’expression "chez soi" ?
Pour moi c'est l'endroit qu'on est content de retrouver quand on rentre de vacances.
Petite fille j'avais ce sentiment très fort d'excitation teintée de mélancolie quand, dans la GS de mon père, on approchait de Chateau Gontier. On laissait les vacances à St Brévin les pins derrière nous mais on rentrait à la maison.
Adulte j'ai éprouvé ce même sentiment en rentrant chez nous à Pornic avec nos loulous.
Et c'est aussi ce que je me suis dit dans l'avion pour la Réunion, revenant de vacances en métropole. On rentre à la maison.
Ici, je n'arrive pas à retrouver ce sentiment, ce n'est pas chez moi.
9/ La leçon de cette expatriation ?...
les leçons!elles sont trop nombreuses pour être écrite ici. mais sommairement:
De mon point vue de femme: J'ai retrouvé mon mari.
De mon point de vue de maman: Mes enfants ont grandi. Ma fille y est devenue une femme, elle y a puisé une force incroyable. Et même si cela nous a conduit à une séparation, puisque chez elle c'est la réunion, je suis fière, à l’extrême, de celle qu'elle est devenue.
C'est plus compliqué pour mes fils, qui vivent encore toujours un peu dans le fantasme de leur vie Pornicaise, qui se réfugient derrière des "si on était resté à Pornic, on aurait fait ceci ou cela". Moi je ne suis pas certaine qu'avec des si ou si il y aurait eu ci ou ça. Des excuses, toutes trouvées, bien pratiques, culpabilisantes pour leur mère. C'est beaucoup plus simple de rejeter la faute sur l'autre que s’interroger soi-même. ( je le sais j'ai longtempstoujours fonctionné comme ça) mais c'est LEUR chemin, il va falloir qu'ils s'en dépatouillent eux mêmes. Je suis certaine qu'un jour ils prendront la mesure de la chance qu'ils ont eu de vivre ailleurs. Un jour ils auront le déclic.
D'un point de vue personnel, je me suis arrondie, dans tous les sens du terme, et si il y a un sens d'arrondi dont je me serais bien passée il y en a un autre qui était salvateur. Il y a encore du boulot, mais me déraciner est sans doute la meilleure chose qui pouvait m'arriver.
10/ Réponds à cette question que j’oublie de te poser et à laquelle tu voudrais tellement répondre…
L' Expat tag, celui que Lydoue m'a lancé dans un des ces bons jours. ( Si tu connais le crapaud tu comprendras. La dame a ses humeurs)
Expatriée je ne suis pas vraiment concernée, enfin... plus, et encore... si tant est que je le fusse un jour ( régale toi, le subjonctif imparfait c'est cadeau)
Parce que oui, c'est vrai, je suis partie, un moment, loin de mes contrées natales, à l'autre bout de la planète, vivre sur un caillou bordé d'un océan d'un bleu un peu plus turquoise. je me suis expatriée.
Mais voilà voilà, je suis revenue en métropole ( là c'est le moment où je pleure)
Et puis L'île de la Réunion, dans l'Océan indien, à l'Est de l'Afrique de l'Est, caillou minuscule à coté de Madagascar, c'est loin, très loin, 10 000 kms à vol d'Air austral, mais c'est toujours la France.
La même secu, la même CAF, les mêmes impôts ( quoi que), la même administration française, les mêmes systèmes scolaires, de santé, juridiques, bancaires que ceux que j'ai toujours connus.... on prend les mêmes et on recommence, le soleil en plus.
Expatriée n'est peut être pas le bon terme.
Et pour ne rien te cacher, c'est aujourd'hui que je prends la mesure du terme expatrié. Parce que mon mari est, en ce moment même, quelque part dans un pays qui n'est pas la France, il y négocie un éventuel contrat qui ferait de nous de vrais expatriés, avec une carte de séjour, d'autres systèmes, d'autres administrations.
Donc oui c'est le bon jour pour faire le point sur mon expérience de fausse expatriée en attendant de savoir si je vais devenir une vraie expatriée.
1/ Expatriée toute seule ou expatriée par amour ?
Toute seule je n'en aurais jamais eu le courage. Je suis casanière, je suis bien là où on m'a posée. Comme tout le monde j'aime voyager pendant les vacances, découvrir de nouveaux horizons, mais je dois faire partie de ces gens qui ont un système racinaire important. J'aime revenir chez moi.
Du moins, ça, c'est ce que je croyais avant, avant d'accepter de partir loin de mon coin de France.
J'ai épousé un type qui lui ne pense qu'à partir. A l'inverse de moi, lui ses racines il les fabrique instantanément là où il est. Et pire, depuis que je le connais, il les rêve ailleurs.Au hasard de vacances à Marie Galante, il nous voyait, là, avec les enfants, heureux.
Parti en séminaire de travail en Nouvelle Zélande, il me disait combien notre vie serait fantastique ici.
Un tour en bateau avec nos amis à Cuba et c'est toute la famille qu'il voulait embarquer.
...
Le rêveur est patient, il aura mis presque 20 ans à me convaincre mais il y est parvenu.
Une offre d'emploi alléchante, un moment propice et j'ai accepté.
Par amour c'est certain. Et c'est joliment dit pour "c'était ça ou la fin d'une jolie histoire".
Presque 20 ans c'est long, c'est dur quelques fois. Deux boulots très prenants, deux vies qui se font côte à côte.
C'est faux de penser que les chemins des deux individus d'un couple sont identiques ou parallèles, ils sont tout sauf parallèles, ils se croisent, se suivent, s'entrelacent souvent mais se séparent aussi.
Le moment propice à notre départ a été celui d'une prise de conscience mutuelle d'une séparation qui arrivait inéluctablement et que nous ne voulions ni l'un ni l'autre. Il fallait tenter quelque chose, rompre le cours de notre routine, se retrouver autour d'un projet commun, rêver à l'unisson.
Pas vraiment une bouée de sauvetage, on n’entraîne pas toute sa famille à 10 000 kms sur un rafiot qui coule, mais disons qu'il a fallu beaucoup de temps pour que je rompe mes amarres et autant de temps pour que le rêveur devienne un vrai capitaine.
Nous sommes partis. Lui, moi et nos 3 enfants de 17, 15 et 12 ans.
Mes enfants, mon dernier rempart ultime. J'avais dit: si les enfants ne sont pas d'accord, nous n'irons pas. Ils ont été d'accord. Nous sommes partis.
2/ Depuis combien de temps es-tu de l’autre côté de chez toi…
Voilà c'est ça qui est paradoxal, moi l'enracinée, celle qui ne voulait jamais partir loin de sa famille, qui était sûre que chez elle c'était ce p'tit bout de cote Atlantique, la première réponse qui me vient à l'esprit aujourd'hui c'est: presque 2 ans. Date de notre départ en métropole.
La Réunion a été une expérience si unique, si enrichissante que c'est depuis que je l'ai quittée que je suis de l'autre coté de chez moi.
Ici, là où je vis aujourd'hui, je ne suis pas chez moi.
La Mayenne c'est chez moi, Nantes c'est chez moi, Pornic c'est chez nous, la Réunion c'est chez nous, ici ce n'est qu'une étape. Il manque la mer et tellement de choses.
3/ Quels sont les mets qui te manquent le plus de ton pays d’origine ?
Le fromage me manquait à la réunion.
D'ailleurs c'était une très très mauvaise idée de le dire à qui voulait l'entendre juste avant les vacances de Noël en métropole. Résultat 4 kg en 15 jours, plateau de fromage pantagruélique chez mes parents, "reprends du comté il ne doit pas être très bon là bas" et raclette chez à peu près tous les amis qui sont trop contents de te faire plaisir.
Il y a du fromage péi à la réunion, du fromage de vache ou de cabri ( chèvre) mais bof bof surtout quand on a un papa qui a toujours acheté son from chez un fromager ou au marché, pas au supermarché, malheureux! et que toi bonne fille élevée à l'ossau iraty fermier et au camembert au lait cru tu as suivi ce précieux conseil.
Je me souviens d'une soirée vin et fromage. Ah oui le vin c'est compliqué aussi, mais il y a des cavistes qui le font venir dans des containers climatisés, c'est plus cher mais ça va encore, et pis y'a le Charrette, le rhum péi, à 5€ la bouteille on oublie vite l'apéro Chablis.
Le ti punch y'a que ça de vrai.
Soirée vin et fromage chez ma merveilleuse Emmanuelle. Chacun devait apporter un litron et un bout de fromdu. Ce soir là on avait invité Octave. Octave est pilote de ligne, il arrivait le matin même de Paris et dans sa besace ( réfrigérée siouplé) du comté, du vrai, du bon qui n'avait pas souffert d'un stockage au soleil. Octave je t'ai aimé ce soir là, si tu savais. Mais j'aime beaucoup Emmanuelle aussi hein, l'autre Emmanuelle ta femme ma copine de conseils d'administration du lycée.Aujourd'hui c'est le rougail qui me manque, et peut être plus encore les gâteaux banane l'on achetait chez Loulou à Saint Gilles avant d'aller à la plage, ou le café vanille sur la plage, ou mieux la glace mangue achetée au camion de glaces avec sa petite musique enfantine qui l'annonçait de loin, ou non, tiens, ce qui me manque le plus, c'est de tendre la main sous la varangue vers le citronnier du jardin, cueillir un citron, en couper un morceau et l'ajouter au sucre péi et au rhum pour déguster mon ti punch le soir.
Les ti punch n'ont plus le même goût ici.
Tout comme les litchis. Ici ils sont..insipides. Rien à voir avec les fruits juteux, à 80 cts le kilo, achetés sur un étal au bord de la route. J'ai toujours aimé ça les litchis de Noël en France mais c'était avant, avant de les goûter tous frais cueillis sur l'arbre.
Les baleresses ( étrilles) ne seront jamais aussi bonnes que mangées sur le dolmen du Predaire de Pornic avec un bon verre de muscadet, les gougères de Jean claude Godard sont magnifiques chez Jean Claude Godard en bourgogne, le rougail saucisse au snack racine à l'Hermitage...
Je goûte autant le mets que la situation.
Si on doit repartir ailleurs, il n'y aura peut être pas de litchis, pas de ti punch mais il y aura autre chose, une gourmandise qui affolera mes papilles et dont je ne soupçonne peut être même pas encore l'existence. Ce qui est certain c'est que c'est là bas qu'elle sera le meilleur.
4/ Vis-tu à l’heure de ton pays d’accueil ou à l’heure de ton pays d’origine ?
Quelle drôle de question, comment peux t'on vivre à l'heure de son pays d'origine dans son pays d'accueil? Autant dire: je vous emmerde, mon heure est bien plus futée que la vôtre, je n'ai aucune envie de connaître vos us et coutumes. Et dans ce cas qu'on m'explique ce qu'on vient y foutre dans ce pays.
5/ Une chose, un objet que tu as toujours trimbalé au long de tous tes voyages…
Une ou deux bricoles légères, souvenirs de ma grand mère, souvenir d'une amitié, d'un moment précieux.
On est parti à la Réunion sans container, avec une valise de 27 kg maximum par personnes soit 135 kg pour 5.
Les fringues, quelques papiers , il y avait peu de place pour les fioritures. J'ai appris à me délester. Moi qui était une collectionneuse d'objets improbables, une acheteuse compulsive, j'ai reçu là une grande leçon, voir partir chez qui voulait les prendre ou à la poubelle la plupart de mes objets m'a guéri. On vit très bien sans tout un tas d'inutilités.
6/ Te sens-tu étrangère une fois par jour, une fois par semaine, de temps en temps, jamais..
Je ne me suis jamais sentie étrangère à la Réunion. Pourtant...
Les 6 premiers mois ont été très compliqués. Ma famille me manquait, l'île n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais. Mon chéri en avait dressé un tableau si idyllique et j'étais si en colère que je fermais les yeux sur toute la beauté qui m'entourait. Je sais maintenant que j'étais totalement hermétique au changement. Je m'en voulais d'avoir accepté ce départ, de faire subir cet éloignement à mes parents ( le fameux cordon, les amarres pas tout à fait rompues...) Les plages me semblait inintéressantes, beaucoup moins belles que celles des Antilles, même le lagon ne souffrait pas la comparaison à mes yeux avec le sentier des douaniers de mon Pornic adoré ( c'est dire si j'avais des œillères!).
Je me souviens d'être allée au cinéma voir un film français tourné dans Ma région, j'ai pleuré à chaudes larmes devant Mes paysages.
Les gens me semblaient surfaits, on était invités un peu partout chez des zoreils ( métropolitains installés sur l'île) trop contents de montrer à quelle point la vie était géniale sur le caillou et moi je notais surtout leur snobisme de zoreil. Chacun énonçant fièrement son " depuis combien de temps êtes vous sur l'île?" 7 mois, 1 an, wahoo 9 ans mais quelle chance! WTF ? On s'en balance de savoir qui détient le record de longévité.
Les créoles me saoulaient avec leur kreol, barrière très pratique du 'tu n'es pas d'ici, tu ne nous comprends pas"
Tout était cher, mais cher à un point! le jambon herta à 5€ les 4 tranches, le nutela idem, la vaisselle (je te rappelle les valises, que des fringues, tout à racheter ici, à commencer par la vaisselle) que du moche et du moche cher.
On me proposait de la lampe en noix de coco quand moi je voulais mes ateliers d'artistes recup de Nantes.
Bref, fermée à double tour la pingsheuse, veut revoir son Pornic, ses amis, sa famille, ses habitudes.
Et puis il y a eu un déclic, je sais précisément où il a eu lieu. Sur la route des tamarins, en direction de la plage, un dimanche, mon mari me disait pour la énième fois "Regarde comme c'est beau, les maisons dans les hauts d'un coté, l'océan de l'autre coté" et là bizarrement j'ai rendu les armes. Je l'ai physiquement ressenti, la pression qui retombe, les épaules qui se dénouent. Oui c'était beau. ( et pourtant ce n'est que la route des tamarins, pas l'endroit le plus sexy de la Réunion) mais pour la première fois je l'admettais. Oui on allait être bien ici.
Une fois toutes mes barricades tombées, je me suis laissée aller et j'ai vu, le lagon, les gens, les paysages, la faune, la flore, ma nouvelle vie.
Et puis il fallait vraiment que je sois totalement coincée du c.. pour ne pas tomber sous le charme de la Réunion.
C'est une merveille.
7/ Songes-tu à un éventuel retour "chez toi" ?
Le chez moi de la réunion est devenu mon chez ma fille. Alors oui j'ai très envie d'y retourner mais pas dans n'importe quelles conditions. Si je suis pragmatique, ( ce qui serait très nouveau) il y a un énorme point noir à la vie à la Réunion, un point noir d'environ 1000€ par tête, le prix d'un billet aller et retour pour la métropole. Si je dois vivre de nouveau là bas, mon budget devra pouvoir supporter au moins un aller et retour par an pour chacun de nous. Voire deux. Un voyage vacances et un en cas d'urgence. Et ça fait un sacré budget!
En revanche puisqu'on parle gros sous, la vie finalement ( maintenant que je suis rentrée en métropole, là où c'est aussi la crise) n'est pas aussi dispendieuse qu'on pourrait le croire. Il suffit de se mettre au diapason local, de manger péi quoi! les marchés recèlent des fruits et de légumes monstrueux de goût à des prix tout doux ( beaucoup moins cher qu'ici). On consomme différemment.
8/ Justement, que signifie pour toi l’expression "chez soi" ?
Pour moi c'est l'endroit qu'on est content de retrouver quand on rentre de vacances.
Petite fille j'avais ce sentiment très fort d'excitation teintée de mélancolie quand, dans la GS de mon père, on approchait de Chateau Gontier. On laissait les vacances à St Brévin les pins derrière nous mais on rentrait à la maison.
Adulte j'ai éprouvé ce même sentiment en rentrant chez nous à Pornic avec nos loulous.
Et c'est aussi ce que je me suis dit dans l'avion pour la Réunion, revenant de vacances en métropole. On rentre à la maison.
Ici, je n'arrive pas à retrouver ce sentiment, ce n'est pas chez moi.
9/ La leçon de cette expatriation ?...
les leçons!elles sont trop nombreuses pour être écrite ici. mais sommairement:
De mon point vue de femme: J'ai retrouvé mon mari.
De mon point de vue de maman: Mes enfants ont grandi. Ma fille y est devenue une femme, elle y a puisé une force incroyable. Et même si cela nous a conduit à une séparation, puisque chez elle c'est la réunion, je suis fière, à l’extrême, de celle qu'elle est devenue.
C'est plus compliqué pour mes fils, qui vivent encore toujours un peu dans le fantasme de leur vie Pornicaise, qui se réfugient derrière des "si on était resté à Pornic, on aurait fait ceci ou cela". Moi je ne suis pas certaine qu'avec des si ou si il y aurait eu ci ou ça. Des excuses, toutes trouvées, bien pratiques, culpabilisantes pour leur mère. C'est beaucoup plus simple de rejeter la faute sur l'autre que s’interroger soi-même. ( je le sais j'ai longtemps
D'un point de vue personnel, je me suis arrondie, dans tous les sens du terme, et si il y a un sens d'arrondi dont je me serais bien passée il y en a un autre qui était salvateur. Il y a encore du boulot, mais me déraciner est sans doute la meilleure chose qui pouvait m'arriver.
10/ Réponds à cette question que j’oublie de te poser et à laquelle tu voudrais tellement répondre…
Alors prête pour une nouvelle aventure ?
Oui, même si ça me terrifie, je suis prête.
En attendant je vous ai promené sur la plage de la Saline, sous les filaos, un dimanche ordinaire, la plage, le lagon et surtout les pique-niques sans chichis des familles unies. Tous ensemble, de la gramoune au marmaille, ça rit, ça chante, ça se régale.... c'est ça la Réunion!
Oui, même si ça me terrifie, je suis prête.
En attendant je vous ai promené sur la plage de la Saline, sous les filaos, un dimanche ordinaire, la plage, le lagon et surtout les pique-niques sans chichis des familles unies. Tous ensemble, de la gramoune au marmaille, ça rit, ça chante, ça se régale.... c'est ça la Réunion!
mardi 7 janvier 2014
Bejisa
Drôle de prénom pour un méchant cyclone.
Le saviez vous? Les systèmes météorologiques d'importance reçoivent un nom suivant une liste établie par bassin.
Bassin Atlantique Nord, Bassin Pacifique Nord-Est ,Bassin Océan Indien Nord ...
Avant 1950, le nom des ouragans était formé de l’année, où la tempête survenait, suivie d’une lettre de l’alphabet (p. ex. : 1942A, 1942B, etc.).
Par la suite les spécialistes ont commencé à nommer les ouragans dans le but de faciliter la communication entre eux et avec le public pour les prévisions, la surveillance et les avertissements. Les noms, plus courts, plus rapidement identifiables causent moins d’erreurs que tout autre type d’identification.
Dans le bassin Sud-Ouest de l’océan Indien, les systèmes dépressionnaires tropicaux reçoivent des noms dès lors qu’ils atteignent le stade de tempête tropicale modérée.
Chaque saison une liste de prénoms féminins et masculins est établie par ordre alphabétique. La première tempête est ainsi baptisée du premier nom de la liste commençant donc logiquement par un A.
Bejisa n'était qu'un nom parmi d'autres sur une liste jusqu'au 29 décembre, date de son baptême officiel.
Bassin Atlantique Nord, Bassin Pacifique Nord-Est ,Bassin Océan Indien Nord ...
Avant 1950, le nom des ouragans était formé de l’année, où la tempête survenait, suivie d’une lettre de l’alphabet (p. ex. : 1942A, 1942B, etc.).
Par la suite les spécialistes ont commencé à nommer les ouragans dans le but de faciliter la communication entre eux et avec le public pour les prévisions, la surveillance et les avertissements. Les noms, plus courts, plus rapidement identifiables causent moins d’erreurs que tout autre type d’identification.
Dans le bassin Sud-Ouest de l’océan Indien, les systèmes dépressionnaires tropicaux reçoivent des noms dès lors qu’ils atteignent le stade de tempête tropicale modérée.
Chaque saison une liste de prénoms féminins et masculins est établie par ordre alphabétique. La première tempête est ainsi baptisée du premier nom de la liste commençant donc logiquement par un A.
Bejisa n'était qu'un nom parmi d'autres sur une liste jusqu'au 29 décembre, date de son baptême officiel.
C'est à partir de ce moment là qu'on scrute plus attentivement que d'habitude les infos météo et plus particulièrement, pour moi, la page facebook d'actus météo 974* ou celle de Cyclones La Reunion*
Un oeil sur les préparatifs du réveillon, un oeil sur les différentes trajectoires de Bejisa. Ce vilain météore passera t'il entre la Réunion et Maurice? Ou à l'ouest de la réunion? Ou sur la Réunion? Ou pas?
Moi je suis en métropole mais, à force de vous en parler vous le savez,ma fille habite à la Réunion.
Un peu en mode flipette la maman!
-T'es sure que c'est sérieux d'aller fêter le nouvel an au lagon avec ce cyclone ?
-Mais oui y'a pas un pet de vent et puis on ne reste pas sur place cette nuit.
-T'as pensé aux bougies? et à l'eau? et à la radio?
-Mais oui t'inquiète.
-Et vous avez fait des réserves?
-Mais oui c'est bon Maman, on gère!
...et Bonnnne annnnée...
...et lendemain de fête
et... ALERTE ROUGE
-heu maman on n'a plus de bouteille d'eau
- qu'est ce que tu veux que je fasse à 10 000 kms de distance? Remplis des bassines mais surtout tu ne sors pas hein?
Alerte rouge c'est pas pour faire joli, c'est surtout parce que c'est dangereux dehors. Le vent charrie des trucs improbables qui se transforment en arme, les plaques de tôle arrachées volent comme des feuilles de papier à cigarette.
A chaque cyclone des fous imprudents se retrouvent sur la liste des blessés.
Bref la consigne c'est de ne pas sortir, on ne sort pas c'est tout!
Surtout qu'elle a l'air méchante la Bejisa, elle a décidé de jeter un coup d'oeil sur l'île et le problème c'est surtout ses battements de cils, le mur de l'oeil, qui va envoyer des rafales costaudes si Bejisa cligne de l'oeil juste au dessus de la réunion.
On suit l'évolution pas à pas.
- ma puce, ça va toujours?
- oui ça souffle fort mais on fait une partie de Rayman là je te rappelle. bisous maman.
Et me voilà devant i-télé et ce *$#*µ de Michel Chevalet très rassurant ( je préfère me dire que son ton si docte et si optimiste était fait pour rassurer les mamans de filles qui sont parties vivre à 10 000 kms, mais j'ai encore un doute là)
" rien d'extraordinaire dans ce cyclone, nous Parisiens ( heu non pas moi déjà!) on n'a pas l'habitude, mais pour eux dans l'océan indien ça reste un phénomène courant et ce cyclone est d'intensité 2 donc mineur ( sic), rien à voir avec les Philippines ( re sic!!) ( parce qu'il faut faire un comparatif? ah ok! alors... y'a des gens éventuellement en danger, mais c'est moins grave que A , bon un peu plus que B, mais beaucoup moins que C, donc sur le curseur de la connerie on va le mettre... !) On attend des vents de 150 km/h grand maximum (re re sic!)"
Vieux blasé de la météo contre maman inquiète: Le match!
Mais bon c'est bien connu, une pingsheuse inquiète est une pingshIeuse râleuse donc, allez je reconnais Michel que tu m'as permis de me défouler entre deux appels, deux messages à ma belette d'amuur.
Ma belette, elle, habite dans le nord de l'île et à part une petite trouille et un paquet de flotte reçu en voulant filmer sa terrasse ( pas dehors on avait dit!!) rien à déclarer.
En revanche d'autres, nombreux, n'ont pas eu la même veine.
Les images sont impressionnantes.
Il faut savoir notamment que les torrents que vous voyez sur la vidéo sont habituellement des filets d'eau dans des ravines presque à sec.
Pour exemple, la même cascade avant et après le cyclone:
cascade Niagara
D'après le site clicanoo Bejisa serait un prénom "de femmes qui désirent « diriger les efforts des autres plutôt que d’obéir ou de demander une permission », qui « aiment prendre leurs décisions elles-mêmes »
Le moins que l'on puisse dire est que cette Bejisa là n'en a fait qu'à sa tête, elle a foncé sur la réunion, l'a frôlée, a flirté avec sa côte sud ouest une partie de la nuit et puis s'en est allée laissant les Réunionnais KO.
Adieu Bejisa, bonjour tronçonneuses, déblayeuses, balayeuses...
Il y a du boulot mais le soleil revient toujours.
Bon courage à tous.
* Actus météo 974 et cyclones Reunion sont deux pages FB que vous devez absolument liker si vous partez à la Réunion (au moins l'une des 2) elles sont gérées de mains de maîtres par des amateurs (presque pro) férus de météo. Tous les avis de vigilance ( forte houle, forte pluie, tempête..) sont partagés, disséqués, commentés par eux et ça reste le meilleur moyen d'être avertis rapidement et correctement des situations climatiques de l'île. Ils ont fait un boulot magnifique pendant Bejisa, collectant les informations des 4 coins de l'île, avertissant de l'évolution de la situation et surtout rappelant les règles de sécurité
mardi 1 octobre 2013
sous le pont coule la rivière ...de galets
Combien de fois ai-je emprunté ce pont en revenant de la plage, du ciné ou de Savannah?
Je me souviens, les premières fois, au volant de ma petite voiture, je n'en menais pas large.
D'un coté le vide et de l'autre, les voitures lancées à 70 kmh qui surgissent dans le rétro et passent tout juste sans toucher.
Il faut dire que ses deux voies sont très étroites. Un petit camion ou un gros 4x4 sur le pont et c'est le ralentissement assuré. Eux sont obligés de rouler à cheval sur la ligne et forcément derrière ça ne peut plus doubler, ça piaffe d'impatience, moi, accrochée à mon volant, ça m'arrangeait.
Il n'est pas tout jeune ce pont treillis aux allures de pont métallique américain, on sent bien qu'on roule sur une antiquité, il y règne une atmosphère particulière mais le plus bizarre se passe dessous.
Le pont enjambe une rivière...de galets
Vu d'en haut à peine un filet d'eau.
vu d'en bas une étendue de galets.
La rivière des galets est l'un des fleuves de la Réunion.
En temps normal un ruisseau, une petite rivière serpente dans son lit.
En cas de cyclone toute l'eau qui descend des "hauts", des remparts, des cols par les ravines afflue avec une violence inouïe dans cette large percée pour finir sa course dans l'océan Indien. Comme sur ces images qui datent du cyclone Gamède en 2007
Mais revenons à une météo plus clémente.
Située au nord ouest de la réunion, entre Saint Paul et saint Denis le pont est le passage obligé sur la routedépartementale nationale 1 entre Sin dni et les plages de l'ouest. Mais pas que!
La Rivière des galets est aussi le chemin le plus facile pour se rendre dans l'un des 3 cirques de la Réunion.
Des fameux pitons, cirques et remparts de la réunion inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, le cirque de MAFATE est certes le plus isolé ( on y accède à pied ou en hélicoptère uniquement) mais sans doute aussi le plus magique.
Afficher Mafate sur une carte plus grande
je vous emmène?
c'est beau hein?
En partant de la Rivière des galets comptez 2 jours de randonnée. Mafate se mérite!
Je me souviens, les premières fois, au volant de ma petite voiture, je n'en menais pas large.
D'un coté le vide et de l'autre, les voitures lancées à 70 kmh qui surgissent dans le rétro et passent tout juste sans toucher.
Il faut dire que ses deux voies sont très étroites. Un petit camion ou un gros 4x4 sur le pont et c'est le ralentissement assuré. Eux sont obligés de rouler à cheval sur la ligne et forcément derrière ça ne peut plus doubler, ça piaffe d'impatience, moi, accrochée à mon volant, ça m'arrangeait.
Il n'est pas tout jeune ce pont treillis aux allures de pont métallique américain, on sent bien qu'on roule sur une antiquité, il y règne une atmosphère particulière mais le plus bizarre se passe dessous.
Le pont enjambe une rivière...de galets
Vu d'en haut à peine un filet d'eau.
vu d'en bas une étendue de galets.
Vous ne connaissez pas la rivière de galets? ni son pont?
Alors vous ne connaissez pas la Réunion!
En temps normal un ruisseau, une petite rivière serpente dans son lit.
En cas de cyclone toute l'eau qui descend des "hauts", des remparts, des cols par les ravines afflue avec une violence inouïe dans cette large percée pour finir sa course dans l'océan Indien. Comme sur ces images qui datent du cyclone Gamède en 2007
Mais revenons à une météo plus clémente.
Située au nord ouest de la réunion, entre Saint Paul et saint Denis le pont est le passage obligé sur la route
La Rivière des galets est aussi le chemin le plus facile pour se rendre dans l'un des 3 cirques de la Réunion.
Des fameux pitons, cirques et remparts de la réunion inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, le cirque de MAFATE est certes le plus isolé ( on y accède à pied ou en hélicoptère uniquement) mais sans doute aussi le plus magique.
Afficher Mafate sur une carte plus grande
je vous emmène?
c'est beau hein?
En partant de la Rivière des galets comptez 2 jours de randonnée. Mafate se mérite!
vous trouverez sur youtube de nombreuses vidéos de randonnées à Mafate de qualités très variées et souvent très perso, mais si vous voulez quelque chose de plus instructif pour vous préparer cherchez celles de clicanoo de ou randopéi.
Cet article participe au rendez vous mensuel "en France aussi" de Nioki on the road, la terre sur son 31 et le coin des voyageurs. Allez faire un tour sous leurs ponts et sous tous ceux des participants vous ne le regretterez pas ;)
dimanche 8 septembre 2013
métier parent d'élève
en cherchant une photo sur mon vieux blog Gully au pays de la Réunion je suis retombée sur cet article que j'avais oublié, sujet presque d'actualité, je vous le livre tel quel mais avant une petite explication:
Aujourd'hui la rentrée et demain très vite les rencontres parents profs.
Avant auront lieu les élections des représentants de parents d'élèves dans les collèges et lycées.
Dans ma vie de mère d'élèves j'ai eu 2 vies: une vie de maman super occupée par son job, qui rentrait tard le soir, qui zappait les élections de parents d'élève et qui faisait bon gré mal gré avec les rencontres parents profs.
Et, une vie de maman plus disponible investie dans une association de parents.
Avant je pensais naïvement que ce rôle était dévolu aux parents issus de l'Educ Nat, aux parents des très bons élèves pas forcément aux parents convoqués plus souvent qu'à leurs tours par un principal, un prof, un proviseur ... ( merci Jules ;)
Aujourd'hui je sais l'importance de ces élections, l'importance des représentants de parents aux conseils d'administration des établissements, de leur présence aux conseils de classe et aux conseils de discipline et je sais que chacun peut prendre sa place dans ces élections, ne serait ce qu'en y participant.
métier parent d'élève
Métier difficile que voilà! Contrat à Durée limitée, temps complet pas toujours très bien rémunéré, hiérarchie souvent contestée, subordonnés ayant une forte tendance aux contestations diverses et faisant preuve d'un remarquable sens de la grève sans préavis.
Petit résumé des compétences requises pour assumer cette mission:
- Apprendre 2 nouvelles langues étrangères: la professeur-professorale et le patois adolescent, langue vivante si il en est.
- Etre doté d'une patience à toute épreuve.
- Savoir maîtriser ses gestes ( ma main, mon bras font partie intégrante de mon corps, je contrôle)
- Savoir maîtriser le sourire légèrement faux cul
- Ne pas culpabiliser quand vraisemblablement tout porte à croire que l'échec nous incombe
- Etre ouvert à l'exploration de nouvelles techniques. ( lire psychologie magazine )
- Connaître pas coeur " tout se joue avant l'âge de 6 ans" de Fitzhugh Dodson
Heureusement, être parent d'élève est loin d'être aussi rébarbatif que mon petit texte ci dessus voudrait le faire croire, c'est même passionnant, quelque fois déroutant mais toujours source de réflexion.
En ce moment, un peu partout en Métropole et dans les DOM, a lieu le grand rendez vous de fin de premier trimestre: La rencontre tant attendue entre parents et professeurs. L'occasion pour tout le monde de "remettre son ouvrage sur le métier".
En ce moment, un peu partout en Métropole et dans les DOM, a lieu le grand rendez vous de fin de premier trimestre: La rencontre tant attendue entre parents et professeurs. L'occasion pour tout le monde de "remettre son ouvrage sur le métier".
Une rencontre parents-prof ressemble souvent à un théâtre ou chacun joue un rôle. On pourrait presque s'attendre quelquefois à monter sur un ring, mais tout est lissé et c'est une belle représentation de la vie avec des rapports sociaux empreints d'hypocrisie.
Des profs courtois, balançant entre flegme, compréhension et ironie légère, ayant sans doute peur du conflit et du débordement de certains parents:
Une mère en colère renversant la table du professeur pour une sanction non comprise, un père menaçant à l’extrême sont des choses malheureusement déjà vues et redoutées.
Une mère en colère renversant la table du professeur pour une sanction non comprise, un père menaçant à l’extrême sont des choses malheureusement déjà vues et redoutées.
Des parents divisés en 3 grande catégories: les absents ( pour cause d’empêchement ou de démission), les parents des bons élèves qui viennent chercher les félicitations pour leur excellent travail (celui de leur enfant et le leur par ricochet) et les autres plus nombreux qui vont jouer au chat et à la souris avec les enseignants.
Peu de chance pour qu'on entende: " Non Monsieur, si c'est le bazar dans votre classe, ce n'est pas uniquement la faute de mon autorité défaillante, mais il est de votre responsabilité d'enseignant d'instaurer un cadre!" ou " Et oui madame, si votre fille dort en classe par manque de sommeil, je peux difficilement lui donner comme devoir supplémentaire: apprendre à se coucher avant 2 heures du matin".
Peu de chance pour qu'on entende: " Non Monsieur, si c'est le bazar dans votre classe, ce n'est pas uniquement la faute de mon autorité défaillante, mais il est de votre responsabilité d'enseignant d'instaurer un cadre!" ou " Et oui madame, si votre fille dort en classe par manque de sommeil, je peux difficilement lui donner comme devoir supplémentaire: apprendre à se coucher avant 2 heures du matin".
Les parents et les profs se cherchent mais ne se trouvent pas toujours.
On se regarde poliment, on hoche la tête en cœur on fustige du regard le gamin coupable, mais d'introspection que neni!
C'est pourtant un moment privilégié dans notre job de parents, un passeport pour une discussion ouverte, le petit plus qui peut permettre à une situation de ne pas dégénérer.
Il n'y a pas de parents parfaits, ni d'enfants parfaits.
Mais ça vaut le coup d'essayer, de s'impliquer...
Pour conclure (ou au contraire lancer le débat...), je vous propose, avec son autorisation, le commentaire que Mary's Mesmotsdevie (prof dans la vraie vie) m'a fait le plaisir de me laisser après lecture de mon ti-billet.
"Cette rencontre a le mérite d'exister mais de part et d'autre il y a trop de préjugés, les parents d'un côté et les profs de l'autre. Si bien que le dialogue attendu à chaque fois déçoit les deux parties car il est souvent stérile ou biaisé par des cordialités échangées ou des répliques toutes faites. Pour les parents on a l'impression d'être sur la sellette jugés, critiqués, comme si on échouait dans notre rôle de parent. Pour les profs on a l'impression que la compétence du prof est évaluée , critiquée , son autorité bafouée. Alors 'au final moi je pense que c'est un moment où la confiance et le respect doivent être les maîtres mots de l'échange. Il faut à tout prix que les profs et les parents montrent à l'élève et à l'enfant que les deux parties qui jouent quand même un rôle primordial dans son éducation œuvrent pour l'accompagner dans la réussite de sa scolarité et pour lui inculquer les mêmes valeurs qui feront de lui plus tard un adulte. A aucun moment il doit voir ce fossé qui peut séparer l'Ecole et la famille car c'est alors que tout devient plus compliqué car il va se trouver des excuses toutes faites d'un côté comme de l'autre. Moi j'y crois si le Respect règne des deux côtés."
un avis que je partage en tous points. les relations entre les parents et les enseignants sont extrêmement compliquées pour différentes raisons: la première, et non des moindres cotés parents étant l'affect. l'affect qui peut nous pousser à réagir sur le vif contre les enseignants. On peut ne pas être d'accord; mais on devrait être capable d'éviter de l'exprimer devant nos enfants. Un gamin conscient de la mésentente de ses adultes référents en jouera inévitablement! Alors mêe si c'est quelque fois difficile, on ravale nos critiques, on prend rendez vous avec le prof sans notre élève préféré et on met cartes sur tables entre 4 yeux. En agissant ainsi c'est notre enfant qu'on aide.
mais ce n'est que mon avis de maman.
Et vous qu'en pensez vous?
Pour conclure (ou au contraire lancer le débat...), je vous propose, avec son autorisation, le commentaire que Mary's Mesmotsdevie (prof dans la vraie vie) m'a fait le plaisir de me laisser après lecture de mon ti-billet.
"Cette rencontre a le mérite d'exister mais de part et d'autre il y a trop de préjugés, les parents d'un côté et les profs de l'autre. Si bien que le dialogue attendu à chaque fois déçoit les deux parties car il est souvent stérile ou biaisé par des cordialités échangées ou des répliques toutes faites. Pour les parents on a l'impression d'être sur la sellette jugés, critiqués, comme si on échouait dans notre rôle de parent. Pour les profs on a l'impression que la compétence du prof est évaluée , critiquée , son autorité bafouée. Alors 'au final moi je pense que c'est un moment où la confiance et le respect doivent être les maîtres mots de l'échange. Il faut à tout prix que les profs et les parents montrent à l'élève et à l'enfant que les deux parties qui jouent quand même un rôle primordial dans son éducation œuvrent pour l'accompagner dans la réussite de sa scolarité et pour lui inculquer les mêmes valeurs qui feront de lui plus tard un adulte. A aucun moment il doit voir ce fossé qui peut séparer l'Ecole et la famille car c'est alors que tout devient plus compliqué car il va se trouver des excuses toutes faites d'un côté comme de l'autre. Moi j'y crois si le Respect règne des deux côtés."
un avis que je partage en tous points. les relations entre les parents et les enseignants sont extrêmement compliquées pour différentes raisons: la première, et non des moindres cotés parents étant l'affect. l'affect qui peut nous pousser à réagir sur le vif contre les enseignants. On peut ne pas être d'accord; mais on devrait être capable d'éviter de l'exprimer devant nos enfants. Un gamin conscient de la mésentente de ses adultes référents en jouera inévitablement! Alors mêe si c'est quelque fois difficile, on ravale nos critiques, on prend rendez vous avec le prof sans notre élève préféré et on met cartes sur tables entre 4 yeux. En agissant ainsi c'est notre enfant qu'on aide.
mais ce n'est que mon avis de maman.
Et vous qu'en pensez vous?
jeudi 25 juillet 2013
raid aérien dans ma cuisine ultramarine
P....in!! je ne peux plus rentrer dans ma cuisine sans frôler la crise cardiaque!!
Et la faute à qui? Aux zoziaux.
Non, non, pas les trois gros qui me prennent pour la bonne, qui laissent traîner les petites cuillères, les opercules de yaourts dûment léchés ou le couteau beurré de Nutella sur le plan de travail. Ceux là c'est une maladie neuro-psycho-pétage de plombs qu'ils me fabriquent.
Mes crises cardiaques sont dues aux oiseaux. Les vrais, les à plumes, les piu piu, les ti moineaux.
Ma cuisine est un îlot installé dans la varangue, des jalousies coté cour, et des panneaux bois coté terrasse.
Depuis quelques temps, quand nonchalamment je me dirige vers la cuisine, une tasse de thé vide à la main,et que les panneaux sont baissés, je suis stoppée net dans ma progression par un ( ou plusieurs) de ces volatiles.
Tout a commencé par le picorage de la moindre miette de pains tombée sur le sol de la terrasse.
Meuuu c'est meuugnon les petits z'oizaux pas farouches qui viendraient presque manger dans ta main...Tu parles! des envahisseurs, oui!
Très vite ils sont passés au perçage de tunnel direct dans la baguette laissée sur la table, vol des croquettes du chien, subtilisation du croissant dominical, voire même trouage du sac de riz et chapardages de grains.
Hé ho y'a pas assez à manger dans le jardin, entre les colonies de fourmis, les nuages de moustiques, les bébés scorpions?
C'est pas bon la bouffe d'homme, vous allez faire de la rétention d'eau ou du diabète, et je ne veux pas avoir Brigitte Bardot sur le dos moi!
En plus j'ai bien l'impression qu'ils jouent au risk.
Conquête de nouveaux territoires.
Le salon: envoi d'un ou 2 soldats en éclaireurs. Pas beaucoup de ressources, éventuellement un bout de p'tit Lu mais les autochtones défendent bien la zone et occupent un peu trop le terrain.Repli sur la cuisine, yeaaah on a trouvé leur réserve de munitions. Attaque ciblée sur la panière de pain, et offensive stratégique sur les biscottes dans le placard, issues de secours contrôlées, l'annexion est officiellement déclarée!
Et voilà.
Depuis, presque systématiquement surprise par un raid aérien quand je tente d'entrer dans Ma cuisine, je leur offre une petite chorégraphie maison et quelques jurons.
"P...in!!!"
dégagé en arrière
demi plié des 2 genoux
rentrée de tête dans les épaules
1 pas en arrière
"M...deuuu"
redressement du buste
piqué
extension du bras
arabesque
"Maiiis dé-gage toiheuu"
et surtout protection de la tête quand l'ennemi passe juste au dessus. Manquerait plus qu'il nous lâche une bombe!
et surtout protection de la tête quand l'ennemi passe juste au dessus. Manquerait plus qu'il nous lâche une bombe!
mardi 23 juillet 2013
bestiaire réunionnais
Le blog et moi, nous sommes en vacances. On avait dit 3 jours mais on joue les prolongations. A peine le temps de surfer sur l'ordi ou de vous envoyer une carte postale. Qu'à cela ne tienne! Je suis experte en recup, amatrice de brocante et autres recycleries, je fais souvent du neuf avec du vieux. Pour l'occasion, le blog, aussi, va s'y mettre au mode recyclage.
Mais, on n'est pas bégueule on vous emmène à la Réunion.
Allez pour commencer, c'est un spécial bestioles made in île de la Réunion.
Les cent-pieds sortent de leur trous! ils ont décidé que le soir la maison serait plus agréable, plus fraîche que leurs tanières sous le manguier.
Âme sensible s'abstenir
pfiouu déjà en photo j'aime pas. Mais alors en vrai!!
Vous voyez le bon vieux cliché de la blonde écervelée qui crie, grimpe sur sur une chaise devant la pauv tite souris inoffensive qui boulotte son gruyère... ?oui?
Bin pareil !
Bond digne du record du monde du saut en longueur,cris au delà de la limite supportable, chériiiiiiii y'a un scolo!!! Sueurs froides, suspens:
1/ "où est ce p...in de pshitt-pshitt spécial cent pieds?"
Et pshitt-pshitt c'est un faible mot, on est plus proche du lance flammes, ou de la bombe anti-frelons qui crache son jet mortel à 3m.
2/Course dans la cuisine, portes de placard qui claquent... et tout ça à la vitesse du son parce que la bestiole est rapide. Il faut faire vite. Surtout,surtout, qu'elle ne disparaisse pas sous un plinthe la garce ou c'est la nuit blanche assurée dans la terreur, l'angoisse que l'ennemi parvienne à escalader le lit, la jambe...brrr frissons d'horreur.
3/On a laissé un soldat, en faction, chargé de localiser le monstre, à bonne distance dans un périmètre de sécurité de 5 m, des fois qu'en plus de ramper, il lui prendrait l'envie de sauter à l'animal.
4/Balai ( qui ne sert à rien, juste d'ultime rempart illusoire contre la peur), 5/Machette, insecticide... en position!
6/Concentration!
7/A la une... deux... trois
On l'a eu?
Entre 10 cm et 20 cm quand même. ça fait peur, non? Sa morsure est très douloureuse et dangereuse. Je ne suis franchement pas une killeuse de p'tites bêtes d'habitude mais celle ci, désolée WWF, je ne peux pas faire autrement.
Pourtant je me suis habituée aux autres bestioles.
Vous voulez les voir?
la guêpe locale
A peu près de la taille d'un frelon mais totalement silencieuse, sa piqûre est très très douloureuse et la bestiole est très très susceptible. Mieux vaut ne pas passer trop près d'un nid .
La bib. C'est celle que vous voyez dans Koh lanta souvent avec la tite musique angoissante qui va bien. Mais elle c'est une gentille, c'est l'Adriana Karembeu de l’araignée, on reste coi devant ses pattes immenses.
La babouk
Elle aussi est inoffensive. Aussi large qu'une paume de main, elle a pour seul défaut de vivre dans les maisons et d'être très grosse et de porter plein de bébé babouk qui vont envahir à leur tour la case. T'as beau pas être méchante si tu pouvais aller pondre tes rejetons ailleurs...
Le cafard (ou cancrelat) gros comme mon pouce, taille réelle donc ( ça va tu tiens le choc t'es pas parti vomir?) il vole, courre sur les murs, se faufile partout et il est rusé l'animal! Il fait le mort, les 6 fers en l'air quand on s'approche.
Je ne les aime pas au point de leur tirer le portrait tous les 4 matins. les photos de ce billet ont été glanées sur google image. Merci à leurs propriétaires.
Je ne sursaute plus quand un gros cafard entre dans mon champ de vision, quand je tombe nez à nez avec une babouk, quand un scorpion détalle sur le carrelage, ou quand une grosse guêpe jaune silencieuse vole au dessus de ma tête..
Un an et demi de rencontres inopinées, ça forge le caractère!
Mais ça n'a pas toujours été le cas:
La première fois que ma fille a vu un cafard, elle n'était pas encore Zoreil, juste une métropolitaine bretonne fraîchement débarquée à l'aéroport quelques heures plus tôt.
En sortant de la douche, elle a entendu un ricanement bizarre, un crrcrrcrr narquois, croisement entre le bruit du grillon en colère et le raclement de gorge très class d'un vieux phtisique.
Elle s'est retournée fumasse persuadée qu'un de ses frères lui faisait une blague douteuse et... elle a vu!
Une bête ailée préhistorique, un mutant caparaçonné échappé de " chéri j'ai rétréci les gosses", un truc énorme et immonde: le cafard!
Forcément cris, pleurs, tremblements, hurlements... Mamaaannn!?!?!?!
Oui, dans ces circonstances vous noterez au passage que mes loulous appellent leur mère! Y'a comme un défaut là!?! Passons, il y aurait trop à dire sur ce chapitre.
On a eu droit à une cellule de crise, chacun passant le nez par la porte de la microscopique salle de bains pour voir la "chose", tergiversation sur la tactique à adopter, et... courage fuyons!
Heureusement mon fils, déguisé en apiculteur de fortune avec un drap de plage sur la tête, est entré courageusement, à pas de loup, sous le regard apeuré de ses parents (adultes, majeurs et responsables pourtant eux!), dans l'antre occupé.
Il a ouvert la fenêtre délicatement et du bout d'une raquette de badminton a poussé l'animal vers la sortie.
Victoire!!!! Je suis si fière de mon fils. Bon ok un peu moins fière de moi, mais il faut bien qu'il acquiert de l'autonomie, hein? (moue dubitative et coupable).
Depuis, des cafards, on en a croisé un bon paquet, et je n'ai pas toujours eu un mon-fils-ce-héros sous la main, donc j'ai appris à contrôler mon aversion et maintenant: même pas peur!
Un bon coup de pied ( ou de balai) bien senti dans les fesses du cancrelat, toujours accompagné de mon cri de guerre: "dé-gageuu salop'rie" et je le renvoie dans son territoire: le jardin.
Rassurez vous, vous pouvez venir sans crainte à la Réunion, ces bestioles ne sont pas vraiment dangereuses sur l'île, mis à part le vilain scolopendre* et quelques politiciens véreux, mais ça c'est une autre histoire...
Ha, j'allais oublier, le cafard est muet, il ne ricane pas, mais le margouillat lui oui! C'est lui, qu'Alex avait entendu dans la salle de bains. Et lui, le margouillat, je l'aime vraiment bien parce qu'il bouffe toutes les bébêtes.
Si il pouvait juste éviter de semer des crottes partout, il serait parfait comme animal de compagnie.
* billet recyclé de mon blog d'expatriée à la RUN, publié en mars 2011, à l'époque on pouvait encore surfer et se baigner en dehors du lagon. Depuis il y a une autre bestiole, vraiment dangereuse celle là, qui fait parler d'elle...
Âme sensible s'abstenir
pfiouu déjà en photo j'aime pas. Mais alors en vrai!!
Vous voyez le bon vieux cliché de la blonde écervelée qui crie, grimpe sur sur une chaise devant la pauv tite souris inoffensive qui boulotte son gruyère... ?oui?
Bin pareil !
Bond digne du record du monde du saut en longueur,cris au delà de la limite supportable, chériiiiiiii y'a un scolo!!! Sueurs froides, suspens:
1/ "où est ce p...in de pshitt-pshitt spécial cent pieds?"
Et pshitt-pshitt c'est un faible mot, on est plus proche du lance flammes, ou de la bombe anti-frelons qui crache son jet mortel à 3m.
2/Course dans la cuisine, portes de placard qui claquent... et tout ça à la vitesse du son parce que la bestiole est rapide. Il faut faire vite. Surtout,surtout, qu'elle ne disparaisse pas sous un plinthe la garce ou c'est la nuit blanche assurée dans la terreur, l'angoisse que l'ennemi parvienne à escalader le lit, la jambe...brrr frissons d'horreur.
3/On a laissé un soldat, en faction, chargé de localiser le monstre, à bonne distance dans un périmètre de sécurité de 5 m, des fois qu'en plus de ramper, il lui prendrait l'envie de sauter à l'animal.
4/Balai ( qui ne sert à rien, juste d'ultime rempart illusoire contre la peur), 5/Machette, insecticide... en position!
6/Concentration!
7/A la une... deux... trois
On l'a eu?
Entre 10 cm et 20 cm quand même. ça fait peur, non? Sa morsure est très douloureuse et dangereuse. Je ne suis franchement pas une killeuse de p'tites bêtes d'habitude mais celle ci, désolée WWF, je ne peux pas faire autrement.
Pourtant je me suis habituée aux autres bestioles.
Vous voulez les voir?
la guêpe locale
A peu près de la taille d'un frelon mais totalement silencieuse, sa piqûre est très très douloureuse et la bestiole est très très susceptible. Mieux vaut ne pas passer trop près d'un nid .
La bib. C'est celle que vous voyez dans Koh lanta souvent avec la tite musique angoissante qui va bien. Mais elle c'est une gentille, c'est l'Adriana Karembeu de l’araignée, on reste coi devant ses pattes immenses.
La babouk
Elle aussi est inoffensive. Aussi large qu'une paume de main, elle a pour seul défaut de vivre dans les maisons et d'être très grosse et de porter plein de bébé babouk qui vont envahir à leur tour la case. T'as beau pas être méchante si tu pouvais aller pondre tes rejetons ailleurs...
Le cafard (ou cancrelat) gros comme mon pouce, taille réelle donc ( ça va tu tiens le choc t'es pas parti vomir?) il vole, courre sur les murs, se faufile partout et il est rusé l'animal! Il fait le mort, les 6 fers en l'air quand on s'approche.
Je ne les aime pas au point de leur tirer le portrait tous les 4 matins. les photos de ce billet ont été glanées sur google image. Merci à leurs propriétaires.
Je ne sursaute plus quand un gros cafard entre dans mon champ de vision, quand je tombe nez à nez avec une babouk, quand un scorpion détalle sur le carrelage, ou quand une grosse guêpe jaune silencieuse vole au dessus de ma tête..
Un an et demi de rencontres inopinées, ça forge le caractère!
Mais ça n'a pas toujours été le cas:
La première fois que ma fille a vu un cafard, elle n'était pas encore Zoreil, juste une métropolitaine bretonne fraîchement débarquée à l'aéroport quelques heures plus tôt.
En sortant de la douche, elle a entendu un ricanement bizarre, un crrcrrcrr narquois, croisement entre le bruit du grillon en colère et le raclement de gorge très class d'un vieux phtisique.
Elle s'est retournée fumasse persuadée qu'un de ses frères lui faisait une blague douteuse et... elle a vu!
Une bête ailée préhistorique, un mutant caparaçonné échappé de " chéri j'ai rétréci les gosses", un truc énorme et immonde: le cafard!
Forcément cris, pleurs, tremblements, hurlements... Mamaaannn!?!?!?!
Oui, dans ces circonstances vous noterez au passage que mes loulous appellent leur mère! Y'a comme un défaut là!?! Passons, il y aurait trop à dire sur ce chapitre.
On a eu droit à une cellule de crise, chacun passant le nez par la porte de la microscopique salle de bains pour voir la "chose", tergiversation sur la tactique à adopter, et... courage fuyons!
Heureusement mon fils, déguisé en apiculteur de fortune avec un drap de plage sur la tête, est entré courageusement, à pas de loup, sous le regard apeuré de ses parents (adultes, majeurs et responsables pourtant eux!), dans l'antre occupé.
Il a ouvert la fenêtre délicatement et du bout d'une raquette de badminton a poussé l'animal vers la sortie.
Victoire!!!! Je suis si fière de mon fils. Bon ok un peu moins fière de moi, mais il faut bien qu'il acquiert de l'autonomie, hein? (moue dubitative et coupable).
Depuis, des cafards, on en a croisé un bon paquet, et je n'ai pas toujours eu un mon-fils-ce-héros sous la main, donc j'ai appris à contrôler mon aversion et maintenant: même pas peur!
Un bon coup de pied ( ou de balai) bien senti dans les fesses du cancrelat, toujours accompagné de mon cri de guerre: "dé-gageuu salop'rie" et je le renvoie dans son territoire: le jardin.
Rassurez vous, vous pouvez venir sans crainte à la Réunion, ces bestioles ne sont pas vraiment dangereuses sur l'île, mis à part le vilain scolopendre* et quelques politiciens véreux, mais ça c'est une autre histoire...
Ha, j'allais oublier, le cafard est muet, il ne ricane pas, mais le margouillat lui oui! C'est lui, qu'Alex avait entendu dans la salle de bains. Et lui, le margouillat, je l'aime vraiment bien parce qu'il bouffe toutes les bébêtes.
Si il pouvait juste éviter de semer des crottes partout, il serait parfait comme animal de compagnie.
* billet recyclé de mon blog d'expatriée à la RUN, publié en mars 2011, à l'époque on pouvait encore surfer et se baigner en dehors du lagon. Depuis il y a une autre bestiole, vraiment dangereuse celle là, qui fait parler d'elle...
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