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mardi 28 janvier 2014

je vais bien, ne t'en fais pas

je veux sortir, rencontrer du monde, je ne veux voir personne, les autres, ça m'emmerde.

je veux faire des choses, commencer une nouvelle activité, passer à l'action, je veux rester sous ma couette, faire une cure de sommeil et dormir 1000 ans.

je veux qu'on s'occupe de moi, je veux qu'on m'aime, foutez moi la paix, je ne veux voir personne.

je ne suis pas si conne, qu'est ce que je peux être débile des fois... souvent.

je suis admirative, j'aime bien ce que vous faîtes, je suis jalouse, envieuse, aigrie.

j'ai l'humour chevillé au corps, je m'amuse, laissez moi pleurer dans mon coin.

je suis plutôt pas mal, c'est quoi cette tête, ces cuisses, ces cheveux, ce nez, ces rides..? mon dieu que je suis moche.

je veux déménager, partir ailleurs, je veux rester dans mon coin, plus bouger, jamais.

je veux aller mieux, croquer la vie à pleines dents, je me complais dans mon mal être de toute façon j'ai plus de dent.

je suis pleine de compassion, d'empathie, je suis très compréhensive,  je suis méchante, je juge avec un couperet, je jette ma colère au visage du premier venu.

je veux me simplifier la vie, aller droit au but, je tergiverse, j'hésite, je ne sais pas prendre des décisions.

je suis une grande fille, responsable, indépendante, je veux que tu me tiennes la main, que tu m'aides.

j'ai confiance en moi, je sais ce que je vaux, je ne vaux pas grand chose de toute façon et qui-suis je vraiment?





je suis perdue, je vais bien, je contrôle.




jeudi 12 septembre 2013

y'a des jours tu voudrais rentrer dans un trou de souris et y rester cachée

Blottie dans le noir, en tête à tête avec tes démons, dans ton trou de souris, ne plus voir personne, surtout ceux avec qui tu as passé la soirée la veille. 
Jolie soirée pourtant. Improvisée, tout comme l'arrivée surprise, dans la matinée, d'amis venus de très très loin.
Une grande tablée, un repas sans chichi, des retrouvailles, de la bonne humeur à la pelle, ça plaisante, ça charrie, ça titille... C'est parti pour le championnat du monde du chambrage. 
Ping pong de railleries et mises en boite.
Rires.
Sauf que toi, y'a souvent un moment où ça te met mal à l'aise le chambrage.  C'est pas ta culture, pas ton mode de fonctionnement. 
Tu trouves ça drôle un temps et puis, 2 verres de rosé et une coupette de champagne aidant, la fatigue peut être, tu n'arrives plus à n'y voir que de la gentille taquinerie.
Les autres ont bu un peu aussi, ils sont en grande forme, ils se disputent la première marche du podium. 
Pour deux railleurs compétiteurs il faut un bon raillé qui fait rire à ses dépens l'assemblée.
Ça ne le gène pas lui, bien au contraire. Il prête le flanc, s'amuse des plaisanteries.
Et toi va savoir pourquoi, tu te braques. Tu sens le coté obscur t'envahir. Le second degré n'est plus ton pote. Tu ne les trouves plus tellement drôles, là maintenant,les 2 qui prennent le troisième pour un imbécile.

 T'as revêtu ton armure de redresseuse de torts, tu saisis un prétexte au bond et va savoir ce qui te prend: tu attaques! 
oh pas grand chose: une petite pique qui dans l'hilarité générale passe presque inaperçue.
Mais instantanément toi tu t'en veux. Tu te fermes. Tu dégringoles. Qu'est ce que tu as besoin de dire ça? de faire ta méchante? Allez vite recolle les morceaux! souris! Tu ne pensais même pas ce que tu as dit. Qu'est ce que c'est cette manie de juger? Pourquoi tu as réagis comme ça, qu'est ce qui te prend dans ta tête, mais quelle conne...
 Tu es déconnectée des autres, y'a une tempête sous ton crâne, t'as plus qu'une envie c'est rentrer te cacher.
...
T'as mal dormi, tu t'es réveillée la honte chevillée au corps. Même pas sur que les autres se soient appesantis sur l’événement. Ils ne sont pas dans le jugement eux! Mais toi là maintenant tout ce que tu veux c'est ne plus voir personne. T'as un peu de mal à déglutir.Tu sais que ce n'est pas la solution mais, tant pis, tu te vautres dans tes contradictions. 
Allez quoi! Arrête ce triturage de méninges, refais surface!



jeudi 29 août 2013

always des nanas

34 ans , 3 beaux enfants, un mari génial et... une semaine de retard.
Pas du tout prévu le petit 4 ème, 4 ça fait beaucoup, ça veut dire qu'il faut changer de voiture, répartir les chambres différemment, je sors de mon congé parental, je viens de changer un boulot, est ce que c'est vraiment le moment?
Première chose à faire Rdv chez la gynéco: la semaine prochaine? Oui si possible. Mardi 17h? D'accord.   Votre nom...
Bon pas la peine de paniquer, 10 jours de retard, c'est peut être le stress, je ne suis pas en forme en ce moment, et puis au pire on est dans les temps.
Donc vous avez...?   15 jours de retard. Vous avez oublié votre pilule?  Non je ne pense pas. Ok on va faire une écho de contrôle...Il n'y a rien (OUF!) l'utérus est normal... je vous prescrit un petit bilan sanguin et on se revoit la semaine prochaine.
3 jours plus tard, appel de la gynéco. Mme...j' ai reçu vos analyses, il y a un taux anormal de...   Et?  Pour l'instant ça ne veut pas dire grand chose passez au cabinet je vais vous faire une prescription et on refera des analyses.
Bon ok, de toutes façons, je ne suis pas enceinte c'est déjà ça! un quatrième pourquoi pas mais pas maintenant, un traitement passager pour rétablir le taux hormonal oui je veux bien.
Sauf que: nouvelles analyses, mes hormones s'affolent, nouveau rendez vous chez un endocrino cette fois. Lunettes sur le nez, mes bilans sanguins en mains Voyons, voyons, hum hum, vous avez des soucis de libido? Non tout va bien (merci).Des antécédents dans votre famille ? Des antécédents de quoi? De ménopause précoce. (...) De ménopause? Oui vous êtes ménopausée précoce! (...) (...) Heu oui ma grande tante, la sœur de ma grand mère. mais j'ai 34 ans!?!   Vous avez de la chance certaines de mes patientes ont 20 ans, je vais vous prescrire un traitement hormonal et on se revoit dans 6 mois.

Je ne l'ai jamais revu, je me souviens que je suis sortie du cabinet sonnée, abasourdie, que j'ai juste pensé: je n'aurai plus jamais d'enfant, j'ai appelé, en pleurs, ma mère, et puis mon mari. Ensemble on a relativisé. C'est pas dramatique, juste l'arrêt des règles un peu plus tôt que prévu, il y a les enfants, on n'en voulait pas d'autre, ça va aller, ça ne change rien.
Sauf que ça change beaucoup de choses, il y a ce mot d'abord " ménopause" qui insinue "tu n'es plus fertile,tu ne sers plus à rien, tu vas vieillir prématurément..." ce traitement hormonal ensuite qu'il faut ajuster, cette crème, bourrée d'hormones, qui elle aussi, à chaques mouvements de tes mains qui l'étalent, a l'air de dire "tu ne sers plus à rien,tu vas vieillir prématurément..." et puis tout le cortège des effets secondaires: bouffées de chaleur, sautes d'humeur, prise de poids, suées nocturnes...
Alors on se renseigne, auprès du médecin d'abord qui n'a que traitement hormonal et ostéoporose à la bouche et qui t'ausculte le vagin guettant l'affaissement des petites et grandes lèvres.
  Ensuite on fouine dans les médias, on traque l'article dans les journaux sur le net. De ménopause précoce on ne parle jamais, de ménopause tout court en revanche oui, mais uniquement dans les magasines "séniors" toujours avec des visuels choisis de jolies dames radieuses avec leurs cheveux blancs et leurs petits enfants. 
Comment s'identifier à cette image quand on a 35 ans?
Comment choisir de prendre les substituts hormonaux quand la presse balance des études les critiquant, leurs prêtant des facteurs augmentant les risques de certains cancers, quand tu sais que toi tu pars pour 25- 30 ans de traitement et que finalement ce traitement, on n'a pas vraiment de recul sur ses effets à long terme. Il n'est délivré en France que depuis 1962 et plutôt pour une durée de 10 ans (!).
J'ai choisi, à tort peut être, de ne pas le prendre finalement,de ne rien changer et de faire avec. Au grand dam de mon médecin. 
Les deux ou trois premières années, quand je perdais 3 gouttes de sang ( tous les 6 mois et encore) j'étais aux anges, ils s'étaient trompés tous, mon cycle revenait et mon statut de femme avec. Je courrai racheter tampons et serviettes. J'ai fait une bonne dizaine de tests de grossesse, à chaque début de nausée, à chaque fois que mes seins devenaient un peu plus gros, à chaque fois que mon ventre me semblait un peu gonflé...
Rapidement je suis passé d'un petit 36 au 38 ( mais c'est pas grave hein toutes les femmes prennent un peu avec l'âge) et puis au 40. 
J'ai eu ces satanées bouffées de chaleur qui, en un dixième de seconde, te font ressembler à une cocotte minute et qui la nuit t'obligent à changer de tee shirt une ou deux fois.
J'ai couru les pharmacies et testé les ménophitéa-machins, plus pour voir la tête de la pharmacienne qui me disait "ce n'est pas pour vous mademoiselle, c'est pour les femmes ménopausées" et qui se décomposait à l'annonce de ma ménopause précoce. Je sais c'est puéril, mais c'était devenu un jeu. A la limite je voulais que la terre entière le sache, cette injustice qui m'est tombé dessus, je la partage, vous en prendrez bien un peu? et puis oui j'ai grossi mais j'ai une bonne vilaine raison. C'est pas marqué sur mon front à moi, alors je vous la jette à votre front à vous, comme une excuse. 

 L' autre aspect négatif est qu'il y a eu des moments où j'ai mis à mal ma féminité. J'ai fait moins d'effort pour m'habiller, j'ai perdu un peu de coquetterie, j'ai un peu trop fermé les yeux sur mon corps qui changeait. 
Je ne suis pas devenue une none pour autant. J'ai eu aussi de gros accès de séduction, et des périodes douloureuses de lucidité. 
Mais à aucun moment ça ne m'a pas empêché de vivre, d'aimer.
Aujourd'hui ça fait presque 12 ans que je suis ménopausée.Tous les méchants symptômes se sont (presque) tus et j'ai repris, il y a peu, le contrôle sur ce qui me "pèse" le plus: les kilos accumulés.
 Je sais pourtant que ceux qui ne m'ont pas connu avant ne peuvent pas se rendre compte. 
Mais avant, J'étais TRES mince et ces derniers temps dans ma tête j'étais devenue une grosse dame. J'utilisais des termes durs pour parler de moi, baleine, otarie, grosse vache...

Grâce au sport petit à petit je me libère de cette grosse dame,je redeviens celle que j'ai été. Et beaucoup plus facilement que je ne l'aurai cru possible.

La ménopause n'était elle qu'un prétexte à un certain laisser aller? C'est possible. Il faut sans doute une période plus ou moins longue de "deuil" pour faire face à une annonce comme celle ci. Elle a été très trop longue pour moi. Mais cette période est derrière moi.

 Si je n'ai qu'un seul conseil à donner, c'est faîtes du sport!



Bouger plus c'est vivre mieux et je compte bien continuer à partager cette nouvelle attitude avec vous ici.



 Ou encore ici sur la page FB de Always des nanas que nous venons de créer avec 2 autres de drôles de dames qui ont envie de tordre le cou aux vieux préjugés sur la ménopause.